Les Chevaliers d'Émeraude

Les Chevaliers d'Émeraude, troisième génération
 
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 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre

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Kesley

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MessageSujet: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Lun 8 Oct - 16:44

Aussitôt que j'eus terminé ma phrase, je sus que je n'aurais jamais du la prononcer. Je sentis la panique intérieure d'Elros. Je ne pus m'empêcher de m'infiltrer dans son esprit afin de comprendre ce qui le mettait dans tous ses états. Je me heurtai seulement à de la confusion et de la peur. Je voulus reprendre mes paroles, mais il était trop tard. Je m'en voulais. Même si je ne comprenais pas ce que j'avais dit de mal, je m'en voulais. J'aurais du faire attention. Encore une fois, j'avais merdé. Totalement merdé. Elros me posa au sol, avant de me tourner dos. Nerveux, je croisai mes bras contre ma poitrine. J'étais incapable de lire son esprit, puisqu'il pensait dans la langue des Elfes. Je pouvais seulement en ressentir les émotions, et ça n'augurait pas très bien. 


« Je peux pas, souffla-t-il enfin. Je veux pas... »


J'écarquillai les yeux alors qu'il se tournait vers moi. Il pleurait abondamment. Et moi qui croyais que les Elfes ne ressentaient aucune émotion. J'étais complètement figé, ne sachant pas quoi lui répondre. Je ne comprenais pas sa panique. Et je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas venir habiter avec moi. Il avait dit qu'il m'aimait... Bien sûr, je pourrais moi-même m'établir à Osantalt, mais ce ne serait pas avant d'avoir mis fin à la guerre sur Enkidiev. Le problème était que je ne savais pas si je survivrais à cette guerre, et plus particulièrement à la reine Mylena. 


Un vent de panique sembla s'emparer de mon nouvel amant, alors qu'il reculait jusqu'à trébucher contre son lit. Il s'y recroquevilla. J'avais envie de le prendre dans mes bras et de le rassurer, mais j'étais tout simplement incapable de bouger. J'avais mal de le voir ainsi, mais j'avais encore plus mal à l'idée de penser que lui et moi, c'était impossible. Encore une fois, je m'étais fait avoir. Je m'étais laissé emporté pour rien. Je lui avais révélé ce qui avait de caché au plus profond de moi. J'avais une boule dans la gorge. Pourquoi? Comment avais-je pu faire confiance à un Elfe ? À un inconnu ? J'étais stupide. Je me laissais toujours avoir de la même façon. 


« Désolé, sanglota alors Elros. Je peux pas quitter Osantalt, Enkidiev est tellement violent, je vais en mourir si je vais là-bas. »


Je fronçai les sourcils. C'était ridicule ce qu'il venait de me dire. Comme si j'allais l'envoyer sur le front. Il ne verrait pas de violence. Lentement, la colère prenait possession de mon être. Je refermai mon esprit comme une huître, résistant à l'envie de m'enfuir. À ma plus grande surprise, en fait, ce fut lui qui prit la fuite. Je restai quelques minutes planté là, le regard béant. Je cachai alors ma présence, avant d'utiliser des passages afin de quitter cette île de merde. Je fis un premier arrêt sur la plage, puis un second au beau milieu de l'océan. Heureusement, j'étais un très bon nageur. Je procédai ainsi pendant plusieurs heures, bien heureux de posséder une réserve presque intarissable de magie. Ce fut seulement une fois sur les plages de Zénor que je m'écroulai, ne possédant plus aucune force. J'avais reconnu la silhouette de Nathan, les mains sur les hanches, au loin. Il avait sûrement été averti de mon départ par Aëlys. Les yeux mi-clos, je le vis venir à ma rencontre, et il posa sa main sur ma poitrine, me donnant une partie de sa force vitale. Je tenais maintenant tout seul sur mes deux jambes. 


« Tu veux mourir ou quoi? s'exclama Nathan, visiblement hors de lui. 


Non, grommelais-je. Je voulais quitter Osantalt. »


Je le vis rouler des yeux, alors qu'il croisait ses bracelets et qu'il m'obligeait à pénétrer dans le portail. À ma plus grande surprise, je me retrouvai devant la maison de mes parents. 


« Je sais pas pourquoi tu as retrouvé ta magie, mais essaie de les ménager, dit alors Nathan, parlant de mes parents. Cette fois, reste ici. »


Il s'évanouit sous mes yeux, et je poussai un bruyant soupir. C'est alors que mon père sortit de la maison, essuyant ses mains sur son tablier. Il fronça les sourcils, se demandant probablement qui se tenait à l'entrée de sa maison. Il fallait dire que j'avais changé en douze ans. Et pour ma part, je ne savais pas trop ce que je ressentais à le voir ainsi devant moi. Ma mère sortit alors derrière mon père, et elle laissa tomber un cri de désespoir, avant de se jeter sur moi. 


« Kesley ? pleura-t-elle en me serrant dans ses bras. »


J'écarquillai les yeux, ne sachant pas quoi répondre. Mes souvenirs de mes parents étaient tout de même flous. C'est alors que mon père se joint à ma mère, avant de nous séparer. 


« Que fais-tu ici ? demanda-t-il alors. 


Je... Nathan m'a emmené ici, parce que je ne suis pas en sécurité à Émeraude, dis-je alors, évitant de mentionner la partie de ma désertion de l'Ordre. »


Ma mère couina étrangement, avant de m'attirer dans la maison. 


**********


Cela faisait maintenant un mois que j'étais chez mes parents. Nathan était revenu une fois, afin de leur expliquer la situation, puis il était reparti aussi rapidement. Mon père s'amusait à me montrer son métier, heureux de pouvoir partager du temps avec l'un de ses fils. Ma mère faisait tout pour me rendre heureux, mais j'étais incapable d'effacer le visage d'Elros de mon esprit. Je n'avais jamais rien ressenti de la sorte. Mon coeur le réclamait. Mais je l'avais perdu pour toujours, je le savais bien. C'était pour cela que j'étais dans une petite auberge de Béryl, en train de boire de la bière. Beaucoup de bière. Ma vision commençait déjà à s'embrouiller, et je continuais à boire. Je voulais oublier ce foutu Elfe. L'amour, j'allais le trouver. 


Alors que je déposai mon verre vide sur la table à laquelle j'avais pris place, seul, deux hommes s'installèrent sur les chaises vides en face de moi. Je ne pus m'empêcher de hausser un sourcil. 


« Bonjour? tentais-je alors. 


- Il est mignon, non ? dit l'un des hommes. »


Comprenant ce qui se passait, je me levai prudemment, afin de quitter les lieux, mais l'un d'eux me retint par le poignet. Étant affaibli par l'alcool, je n'eus d'autre choix que de me rasseoir sur ma petite chaise de bois. 


« On ne te veut aucun mal, continua l'homme. Seulement passer du bon temps avec toi...


On va t'emmener tout doucement dans notre chambre, dit alors le deuxième. »


J'avalai de travers, avant de regarder dans l'auberge. À cette heure, elle était déserte. Même l'aubergiste n'était pas visible. Il revenait seulement pour s'assurer que nos verres étaient toujours pleins. Je fermai les yeux un instant. Ils n'étaient pas laids. En fait, ils étaient même très beaux. Une partie de moi me disait de me laisser baiser, et l'autre me disait de prendre la fuite. Je me levai brusquement, mais je fus incapable de faire un pas vers l'avant. L'un des deux hommes me hissa sur son épaule, me traînant au deuxième étage de l'auberge. Je n'avais même pas la force de me défendre. 


« Il a choisi la manière forte, lança le blondinet. J'aime ça. »


Un petit vent de panique s'empara de moi. Je me concentrai afin de les attaquer avec ma magie, mais elle ne répondit pas. Je me sentis lancé contre un matelas pas très confortable. Je me relevai aussitôt pour me sauver, mais je reçus un violent coup au visage. Je gémis de douleur, alors qu'on m'attachait les mains et les poignets. Je ne sentais plus le côté droit de ma face. Mon oeil devait enfler à vue. Je me débattais le plus possible dans leurs bras, mais à chaque fois que je tentais de combattre, je mangeais un coup. Ce fut donc le corps meurtri, attaché et les vêtements déchirés qu'un premier coup de hanches fit entrer un membre en moi. Bâillonné, je pus à peine hurler de douleur. Je fermai donc les yeux, tentant de me remémorer la douceur d'Elros. Moi qui tentais de l'oublier... 


Après quelques minutes à endurer ce terrible traitement, j'ouvris les yeux. Je poussai un cri d'effroi, lorsque je vis que le deuxième homme tentait d'entrer à son tour. Non non non. Devant ma réaction, il se mit à rire, avant de pousser fortement. Je sentis mon antre s'étirer fortement, jusqu'à déchirer. Les larmes coulaient le long de mes joues. Je réussis alors à sonder les deux hommes. Ils travaillaient pour Mylena ! 


« J'aime avoir du sang comme lubrifiant, pas toi? dit alors un des deux, au travers leurs gémissements de plaisir. »


Je commençai à me tortiller, le regard apeuré. Ça les faisait bien rire. En fait, ça semblait les exciter. « À l'aide... articulais-je avec difficulté dans mon esprit. »
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Elros

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MessageSujet: Re: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Lun 8 Oct - 21:38

J'avais sentis l'énergie de Kesley disparaître dans la nature. Je sondai l'île au complet, mon âme soeur n'était plus sur Osantalt, il m'avait quitté. Moi qui espérait qu'il me suive et qu'il accepte de vivre avec moi ici. Encore une fois l'amour me crachait en pleine face, encore une fois, j'avais la preuve qu'aimer n'apportait que des blessures. Je sortis de mon atelier, le coeur brisé et allai me coucher dans mon lit, au fond de ma hutte, en me bloquant magiquement au reste du monde.


Un mois avait passé, pour moi, ça n'équivaut qu'à trente secondes. Mais l'absence de Kesley rendait cela tellement plus long et lourd. Je n'étais plus capable de ne pas voir son visage en fermant les yeux. il était ma dernière pensée du soir et ma première du matin. J'avais appris que Melian et la jeune amie de mon amant avait été emmené sur Enkidiev par Nathan d'Osantalt. Tout cela, au grand dam de Kementari, qui aurait tant voulu que sa fille prenne sa formation d'Enchanteresse au sérieux.


N'en pouvant plus, je connectais mon esprit à la terre, à la recherche d'un passage. D'une façon de me rendre sur Enkidiev, je voulais voir Kesley, je voulais l'épouser et l'aimer. J'étais prêt à mourir pour me rendre jusqu'à lui. Je finis par en trouver qui menait à la plage, puis de cette dernière, un autre menait au milieu de l'océan. Par chance, les Elfes de mon île étaient de puissants nageurs, moi y compris. Je puisai toute l'énergie possible, suivant les corridors et atterris sur une plage de galets, inconnus. Je m'effondrai au sol.


Je me réveillai dans un lit, la couverture argent et le le dauphin sur les bannières équivalaient au Royaume d'Argent, si je me rappelais bien de ce que Melian m'avait raconté. Un homme d'une immense stature entra avec un poupon dans les bras. Je sondai ce magnifique personnage et aperçus Kesley dans ses pensées. Lui et l'homme s'embrassaient rageusement, avec tellement plus de passion que moi et l'écuyer.


- Bonjour, sire, dit-il. On vous a récupérer sur la plage, sachant que vous êtes du Royaume sylvestre, puis-je vous demander ce que vous faites loin de chez vous?
 
Je baissai la tête, avant de laisser mon esprit vagabonder hors de l'habitation et sur tout le continent. Je finis par trouver l'énergie de Kesley dans un Royaume rocheux, sur des pics énormes.


- Excusez-moi, murmurai-je. Quel Royaume est situé sur des énormes montagnes de roches, je dois m'y rendre.


Béryl, le nom résonnait dans ma tête. Je ne dis plus un mot, jusqu'à ce qu'on m'indique la route et que l'on me donne un cheval. Je lançai ma monture au grand galop, ne m'arrêtant que pour dormir et faire boire mon cheval. Je finis par arriver exactement où j'avais vu ma vision de mon amant. J'étais devant une petite maison, l’énergie de Kesley éruptait de cette maisonnée. J'entrai, arrivant dans une grande salle où il y avait quelques tables et chaises. Je me connectait à l'énergie de mon tendre amour, elle provenait de l'étage. Je grimpai les escaliers, espérant ouvrir une porte et y trouver Kesley. J'arrivai devant celle d'où se trouvait Kes. Je tournai la poignée et vis ... Kesley à quatre pattes, en train de se faire prendre par deux hommes. Le peu de morceaux que mon coeur avait réparé se brisèrent.


- Kes...


Je croisai son regard, bleu turquoise, je secouai la tête. Je courus dans l'escalier et sortis de l'auberge, sautai sur mon cheval et l'envoyai au galop. Je fermai les yeux, afin de retenir mes larmes. Je revoyais son regard, je le revoyais devant moi en train de me demander de le suivre.


«À l'aide» fit la voix de mon amant dans ma tête.


Je secouai la tête, en continuant de m'éloigner de la maison. Je croisai un grand tourbillon de lumière et vis une femme en sortir en courant vers l'auberge. Je retournai mon cheval et le lançai vers la maison. Je n'y entrai pas, préférant rester en scelle.
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Aliénor

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MessageSujet: Re: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Lun 8 Oct - 23:05

J'étais enfin de retour de mission et fiancée avec la femme de ma vie. Tout allait pour le mieux, Dely allait emménager dans ma chambre et celle de Désirée deviendrait celle de nos écuyères. Nous allions nous marier avant la fin de la saison chaude et partir vers Jade, mon Royaume de naissance, afin d'adopter un enfant. Du moins, c'était mon plan, j'espérais que ma fiancée accepte ce dernier, car je rêvais d'être mère depuis que j'avais fait la rencontre de Delnya.


J'avais fini par m'asseoir avec Nathan pour lui annoncer ma nouvelle. Lui, Aden et moi, étions les trois plus proches de notre génération, je les considérais comme mes frères biologiques. Nathan avait un tempérament plus bouillant que Aden et moi. J'étais très maternelle envers eux et Aden extrêmement protecteur. Lui et Aden n'aimaient pas beaucoup Delnya et cela pesait sur les épaules de mon amante. Si bien que lorsque je leur ai annoncé, j'avais presque peur qu'ils rejettent le tout. Et contrairement à ce que je m'attendais, je fus entouré de leur amour et leur joie. Aden finit par partir vers sa femme et ses enfants. Nat resta avec moi. C'est à ce moment qu'il me révéla que Kesley était de nouveau de retour parmi nous, il résidait à Béryl depuis un mois, alors que son frère aîné planifiait de détrôner la reine.


- Depuis un mois, j'ai l'impression que les même personnes se trouvent toujours à une distance d'écoute de toi, murmurai-je, en pointant discrètement un serviteur que je ne connaissais pas. Nathan, Mylena te fait suivre.


Ses sourcils se froncèrent, je savais que savoir cela le rendait plutôt fâché, car de ce fait, il ne pourrait pas faire d'aller et retour entre Émeraude et Béryl. Je posai une main sur son poignet, le retenant d'agir impulsivement, Kesley était important pour moi aussi. Nathan était comme un frère et son petit frère aussi.


- Je vais le faire, dis-je. Je vais veiller sur Kesley, je te promets que si quelque chose lui arrive, je vais agir et protéger sa personne avant la mienne. Rien ne va lui arriver sous ma garde, je te promets.


Je finis par avoir son approbation. Je croisai mes bracelets et lorsque j'apparus devant l'auberge où Kesley se trouvait, je paralysai. «À l'aide». C'était la voix de l'écuyer, dans ma tête, je tirai une dague de son fourreau et fonçai vers la maison. Je défonçai la porte et fonçai à l'étage arrivant devant une porte ouverte, sur deux hommes qui prenaient Kesley. Le pauvre était attaché et bailloné.


- HEY! m'écriai-je. Avant de vous attaquer à un écuyer d'Émeraude, essayez de vous en prendre à quelqu'un de votre taille.


Les deux hommes étaient plus grands et plus forts que moi. Sans leur laisser le temps d'approcher, je lançai ma dague dans l'épaule de l'un qui se planta au sol. Il hurlait, l'autre se lança vers moi, le poing levé. Comme il arrivait pour l'enfoncer dans mon nez, je me lançai au sol en une roulade et sautai sur le dos de l'homme et l'assommai avec le pommeau de ma deuxième dague. Ma victime tomba au sol et j'atterris sur mes pieds, avant de contourner le lit et assommai l'autre avec mon pied. Je me retournai vers Kes et le libérai, avant de l'attirer dans mes bras.


- Chuuuut, soufflai-je. Tu es en sécurité.


Je l'aidai à se relever et l'entourai d'une couverture, avant de l'entraîner vers la sortie. Je pris ma dague au passage et rangeai mes armes, avant d'emmener Kesley vers la sortie de l'auberge.


- Je vais te ramener à Émeraude, seul Nathan ou moi serons au courant de ta présence, même si Mylena tente de s'en prendre à toi, elle devra me passer sur le corps.


Nous arrivâmes dehors et je vis un elfe sur un cheval. Le regard de Kesley se remplit de larmes, je le serrai contre moi, avant de l'asseoir sur un banc et le berçai doucement.
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Kesley

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MessageSujet: Re: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Mer 10 Oct - 22:10

J'avais mal. Mon corps, mon âme, tout. Tout était douloureux. Ma simple existence était douloureuse. J'avais eu bien des aventures malheureuses, mais celle-là était la pire de toutes. Ils pourraient me tuer là, maintenant, et ce ne serait point pire. En fait, ce serait même mieux. Mes souffrances pourraient arrêter. Comment cette reine pouvait-elle être aussi cruelle ? En tentant d'atteindre Nathan, c'était ma vie à moi qu'elle détruisait. Elle s'en fichait complètement, je le savais bien. La seule personne qu'elle aimait, c'était elle-même. Et peut-être ses enfants. J'avais le même âge que son fils ! Cette femme n'était pas humaine. Même si le sang insecte qui coulait dans ses veines était minime, clairement il prédominait sur son côté humain. Mylena était encore plus cruelle qu'Amecareth avait pu l'être. 


Les larmes coulant le long de mes joues, je me sentais disparaître. Je ne criais plus. Je m'étais résigné à mon sort. Je commençais même à croire que j'avais mérité tout ça. C'était ma punition pour avoir tué le roi d'Argent. Les Dieux vengeaient ma cruauté. Au final, je n'étais pas mieux que Sa Majesté d'Émeraude. 


Tout aussi brusquement que cela avait commencé, tout s'arrêta. Même si je ne sentais plus les deux hommes en moi, ils m'avaient sali, ils m'avaient détruit. J'attendais le prochain coup, mais il ne vint jamais. Je sentis qu'on défaisait mes liens, puis mon bâillon fut retiré. Je me retrouvai dans des bras musclé, bien calé contre une poitrine. Avec le peu de force qui me restait, je réussis à fonder la dite personne. Lady Aliénor. Lieutenant de mon frère. 


« Chuuuut, me souffla-t-elle de sa douce voix. Tu es en sécurité. »


Ça non. Je ne l'étais pas. Je ne l'avais jamais été. Et je ne le serais jamais. Tout cela parce que j'étais le frère de Nathan d'Osantalt, le chef des Chevaliers d'Émeraude. 


Docile, je suivis la Chevalière à l'extérieur de l'auberge, enroulé dans une couverture. J'avais de la difficulté à mettre un pied devant l'autre, tellement la douleur était atroce. 


« Je vais te ramener à Émeraude, tenta de me rassurer Ali. Seuls Nathan et moi serons au courant de ta présence, même si Mylena tente de s'en prendre à toi, elle devra me passer sur le corps. »


J'avalai de travers. Sentant enfin le vent dans mes cheveux, j'osai relever le regard. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine et les larmes affluèrent de nouveau sur mes joues, alors que je vis Elros. La Jadoise me serra de nouveau contre elle, pour ensuite me faire asseoir sur un petit banc. Je dus retenir un cri de douleur. Je n'osais pas imaginer toutes les marques que j'aurais sur le corps, en plus de mon magnifique oeil au beurre noir qui enflait de plus en plus et de mon intimité meurtrie. 


« Je suis maudit, soufflais-je enfin à Aliénor. Tue-moi. »


J'éclatai de nouveau en sanglots amers. Je ne comprenais même pas pourquoi Elros était ici. Je ne voulais pas qu'il me voit ainsi. Mais c'était trop tard. J'étais à mon plus bas, mon plus lamentable, mon plus faible. La Chevalière avait resserré son emprise sur moi et me berçait. Je me défis de son étreinte, avant de me relever avec difficulté. Je fis quelques pas faibles, avec l'intention d'aller je-ne-sais-où, mais mon corps me lâcha. Je m'écroulai alors dans des bras que je ne connaissais que trop bien. Me sentant soudainement en sécurité, ma vision laissa place au néant. 
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Elros

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MessageSujet: Re: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Sam 10 Nov - 21:03

Je ne bougeais pas, je gardais les rennes de ma monture serrée dans mes mains. La dame finit par ressortir de l'auberge, elle aidait un Kesley faible et enroulé dans une couverture à marcher. Mon coeur remonta dans ma gorge. Mon âme soeur semblait, en fait, ne semblait plus lui-même. Je restai en scelle, le coeur brisé, je voulais descendre et le prendre dans mes bras. Je ne pouvais pas, pas après ce que je l'aie abandonné.


Kesley avait la tête baissé, mais la peur radiait de son être. Je voulais descendre de mon cheval, avant de l'attirer dans mes bras et lui promettre de ne plus jamais l'abandonner. Je ne pouvais pas. Lorsque le visage de mon amant se leva vers moi, que ses yeux se plongèrent dans les miens. La femme jadoise attira Kesley contre elle et le fit asseoir contre un banc de bois.


- Je suis maudit, murmura-t-il. Tue-moi.


J'avais tout entendu, grâce à mon ouïe fine, mon coeur se serra. L'homme qui avait volé mon coeur sur Osantalt, n'était plus lui-même. La femme, que je compris, était une Chevalière d'Émeraude commença à bercer Kes. Ce dernier finit par se lever, je descendis de ma monture. Comme il faisait quelques pas, ses jambes devinrent trop faibles et mon amant atterris dans mes bras. Comme je l'installais plus confortablement dans mes bras, Kesley perdit la carte. Je m'assis au sol, le berçant doucement, puis soudainement, tout mon être s'illumina de blanc, englobant Kes par la même occasion.


- Je t'aime, soufflai-je, alors que je sentais ma magie aller guérir chaque cicatrice ou blessure qu'il venait de subir.


Après un long moment, les yeux de Kesley s'ouvrirent sur moi. Mon regard alla se noyer dans le sien. Ma main se posa sur sa joue, puis la lumière disparut. Je sondai son être et je ne ressentais plus la moindre blessure en lui, sauf dans son âme. Je plongeai plus loin, sachant que je verrais ce que je n'avais pas voulu comprendre. C'est ce qui arriva, je sortis de son esprit, avant de le serrer contre moi.


- J'suis tellement désolé, Kes, soufflai-je. J'ai si honte de moi... Je t'aime...


Je me penchai sur lui et l'embrassai doucement sur les lèvres. Je ne voulais plus le laisser partir, j'allais le ramener de force à Osantalt si il le fallait. Ce continent de malheur l'avait assez maltraité. Ma main caressait sa joue, une larme coula sur ma main. Elle venait de mes yeux. Je pleurais, parce l'idée qu'on ait fait du mal à Kes me rendait malade, mais qu'en plus j'aie laissé cela arrivait me tuais...


- Je t'aime tant....
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Kesley

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MessageSujet: Re: 18 + // Une reine bien cruelle... | Libre   Sam 1 Déc - 16:07

Je battis doucement des paupières, mais dus rapidement plisser les yeux, aveuglé par la lumière qui émanait d'Elros. Je ne l'avais pas halluciné, il était bel et bien là, et j'étais bien calé dans ses bras. Les douleurs physiques que je ressentais avant de perdre conscience n'étaient plus là. Par contre, ma tête ne cessait de m'assaillir avec de vieux souvenirs que j'avais tenté d'enfouir au plus profond de moi. Mais le regard de l'Elfe sur moi semblait vouloir m'apaiser, faire disparaître toute douleur, autant physique que morale. Il était mon âme soeur. Le vrai. Pas une illusion de Mylena pour faire de moi son pantin. J'avais mal et j'aurai toujours mal, mais avec Elros à mes côtés, je serais capable de le supporter. Son emprise se resserra sur moi, et je me blottis dans ses bras. Était-il vraiment venu d'Osantalt jusqu'à Enkidiev pour moi? Et moi qui croyais qu'il ne voulait rien savoir de ce continent empli de violence. 


« J'suis tellement désolé, Kes, murmura Elros au creux de mon oreille. J'ai si honte de moi... Je t'aime... »


Je ne répondis rien. De quoi avait-il honte ? Il n'avait rien fait, si ce n'est que de rester à Osantalt. Au moins, il était là, maintenant. 


Ses lèvres se posèrent alors sur les miennes en un tendre baiser, et je ne pus m'empêcher d'afficher l'ombre d'un sourire. Il était venu ici, pour moi. Mon coeur battait la chamade, je n'entendais que ça. 


« Je t'aime tant... »


Je relevai mon regard sur Elros. Il pleurait. Avec tendresse, j'essuyai les larmes, avant de caresser son visage et de l'embrasser à mon tour. Je grimpai dans ses bras, enroulant sa taille de mes jambes. Je nichai ma tête au creux de son cou et fermai les yeux. Pour la première fois, je considérais l'idée d'aller m'installer avec lui à Osantalt. Loin de ma vie, de ma réputation, de mon passé, mais surtout, loin de Mylena. Malgré toute sa puissance, il y avait des limites à sa magie. Elle ne pourrait pas me faire du mal là-bas. Par contre, elle pourrait faire du mal à mon frère, et à l'Ordre. Pourrais-je tout laisser derrière moi en sachant cela ? Impossible. Et puis, il y avait Aëlys. Elle était ma soeur d'une autre mère. 


« Je t'aime aussi, minaudais-je contre la peau d'Elros. »


Je posai un tendre baiser contre son épaule, puis je relevai mon visage vers le sien. Il avait arrêté de pleurer, mais il semblait inquiet. Je sondai son être, et fus surpris de voir qu'il se blâmait pour ce qui venait de m'arriver. Je fronçai les sourcils. Ce n'était pas de sa faute. 


« Emmène-moi loin d'ici, soufflais-je, mon regard bien encré dans le sien. »
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