Les Chevaliers d'Émeraude

Les Chevaliers d'Émeraude, troisième génération
 
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 Souper royal (reprise)

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Filipp

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MessageSujet: Souper royal (reprise)   Mer 15 Fév - 0:58

Je ne savais pas ce qui m'avait pris. Je ne connaissais pas du tout cette femme, mais je l'avais tout de même demandée en mariage. Il n'y avait absolument rien à comprendre. Mais c'était toujours comme ça avec moi. Je faisais gaffe par-dessus gaffe, et je pensais que c'était toujours la bonne chose à faire. J'avais perdu mon guide, et il n'y avait désormais personne afin de réparer mes erreurs. Il y avait ma mère et mes frères et soeurs, mais jamais je n'osais leur demander conseil. J'étais l'aîné, j'étais supposé être capable de tout gérer. Mais c'était loin d'être le cas. Cependant, en épousant la magicienne d'Émeraude, je donnais une reine à mon royaume, une reine juste et bonne. Malgré tout, elle avait accepté. Elle était désormais ma fiancée, et je lui devais fidélité. Chose qui aurait pu être difficile en présence d'Emerick... Mais maintenant, tout était différent. J'avais des devoirs envers mon peuple, je me devais de les respecter, chose que je n'avais pas faite. 


Je poussai un soupir discret, afin d'éliminer toutes ces pensées. Je faisais l'amour à ma future femme et elle méritait tout l'attention du monde, chose que j'allais lui donner. Je m'activais lentement en elle, sachant très bien que je venais de lui prendre sa virginité. Je l'avais senti lorsque j'avais percé sa membrane de peau. Je ne voulais pas lui faire de mal. Flora s'empara alors de mes lèvres, cambrant son dos en même temps. Je prolongeai le baiser, tandis qu'elle commençait à donner des coups de bassin à son tour. Je commençai donc à m'agiter de plus en plus vite en elle, et elle s'abandonna complètement à moi. J'avais oublié à quel point c'était plaisant prendre une vierge avec autant d'ardeur. Je pouvais ressentir son mal, mais à la fois son plaisir et son incompréhension. Ça m'excitait. Plus que je n'osais me l'avouer. Ses gémissements étaient sonores, et mélangeaient passion, luxure et douleur. Mais je ne pouvais faire autrement. Il était bien rare que les vierges ne souffraient pas avec moi. J'étais très bien membré, cependant c'était une chose que Flora ne savait probablement pas. 


Elle commença soudainement à prendre de la place. Ses lèvres descendirent dans le creux de mon cou, ce qui me fit frissonner, pour ensuite se rendre contre la musculature de mon épaule. Ses mains voyagèrent alors jusqu'à mes fesses, dans lesquelles ses ongles s'enfoncèrent. Je gémis sous l'excitation. Il fallait bien avouer que j'aimais la violence. Du moins, la violence sexuelle. C'est alors qu'elle échangea nos positions, afin d'être sur le dessus. Je fus surpris de son audace, mais ça ne me déplaisait guère. Elle cria, et visiblement de douleur. Il fallait dire que mon membre s'était enfoncé beaucoup plus profondément en elle de cette façon. Elle s'anima par-dessus moi, et je la laissai faire, préférant regarder son visage. La magicienne guida mes propres mains jusqu'à sa poitrine, dont je m'empressai de me délecter. 


- Fi... Filipp... Oh... gémit-elle brusquement. 


Il ne m'en fallu pas plus pour descendre mes mains de sa généreuse poitrine à ses hanches, afin de guider le mouvement de la manière la plus violente qui était. J'aimais mon membre qui entrait au complet en elle. Mes coups de hanches étaient de plus en plus ardents et fiévreux, tellement que je me redressai vivement, afin de coller mon torse à son magnifique corps. Je plongeai un instant mes yeux dans les siens, avant de m'emparer de sa bouche avec ferveur. Il y avait déjà bien longtemps qu'une femme ne m'avait pas fait un tel effet. J'en avais même quelque peu peur. Peur de l'aimer, peur de la désirer plus que je n'avais jamais désiré Emerick. 


Si je vous fais mal, dites-le moi, minaudais-je contre la peau tiède de son cou. 


Je la soulevai avec délicatesse, retirant mon membre de son antre, ce qui m'arracha un râle de plaisir. Puis, je l'embrassai tendrement avant de la retourner à quatre pattes, dos à moi. Je m'enlignai avec son intimité, et je posai mes lèvres contre le bas de son dos. C'est alors que j'entrai de nouveau en elle, m'arrachant un nouveau gémissement de bonheur. J'étais loin d'être précoce, tout le contraire d'Emerick, alors j'espérais fortement qu'elle aimait ça se faire pénétrer de la sorte...
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Flora

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mar 21 Fév - 13:59

Je n'avais jamais pensé devenir la Magicienne d'Émeraude, je n'avais jamais pensé vivre ce que je vivais en ce moment. Et puis lorsque mes yeux et les siens s'étaient croisés et que la lumière des Dieux l'avait entouré, j'avais su que ma vie venait de chaviré. Je n'étais plus mienne, j'étais siennes, jusqu'à la fin de ma vie. Tout ce que je voulais maintenant, c'était sentir ses lèvres contre mon corps jusqu'à la fin des temps.



Ses mains fortes glissèrent de mes seins jusqu'à mes hanches, guidant le mouvement et augmentant le rythme et l'intensité de ce dernier. Son sexe m'emplissant parfaitement et étirant les parois de mon intimité, me faisant jouir grandement. Son va et vien se faisant de plus en plus forts en moi, m'attirant des cris de passion. Mon amant se redressant pressa son corps musclé contre le mien, son regard de braise se plongeant dans le mien. Filipp m'embrassa avec une passion presque violente, me faisant frisonner.



- Si je vous fais mal, dîtes-le moi, souffla mon beau prince, son souffle chaud chatouillant mon cou.



Filipp me souleva en douceur et se retira; en échappant un long râle. Mon âme soeur m'embrassa avec une tendresse enivrante, qui était un grand contraste avec le fait qu'il me retourna à quatres pattes. Ce n'est que lorsque mon amant posa un doux baiser dans la courbe de mon dos et s'inséra en moi que je sus ce qui se passait. Son gémissement de bonheur m'emplit de joie, comme son va et vien en moi. Je poussai des gémissements de bonheur, sentant mon amant s'activer de plus en plus rapidement en moi.



- Plus vite, soufflais-je au travers de mes gémissements. Plus fort.



Cette sensation nouvelle était addictive pour moi. J'en voulais plus, plus de violence, plus de passion. Je sentais ma sueur perler dans mon dos, l'une de mes mains glissa sur mon corps et alla titiller mon petit bouton de chair, alors que je poussai des cris de plus en plus fort. Je compris une chose, me faire pénétrer comme cela était ce que j'aimais le plus, c'était animal, primitif et passionné. Sans m'en rendre compte, je projetai une forte vague d'amour sur mon promis, comme l'orgasme me frappait de plein fouet. Mes bras cessèrent de me soutenir et je m,effondrai contre le doux matelas.



- Par tous les Dieux, murmurais-je.



Tout mon corps était chaud, mon coeur se débattait de plus en plus vite dans ma poitrine. Mon intimité humide et chaude était devenu extrêmement sensible au toucher. Je me dégageai doucement, avant de pivoter vers mon prince et l'embrassai avec amour. Mes cheveux tombant autour de mon corps en de longues vagues noires, tel un voile. Mon regard brun se replongea dans le sien, brillant d'amour.



- Vous êtes un amant exceptionnel, Filipp de Rubis, chuchotais-je. Je vous aime.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Ven 30 Juin - 19:12

Il était rare que j'aimais être en contrôle lors de mes ébats. Particulièrement avec Emerick. J'aimais qu'il me domine et qu'il me fasse mal. Maintenant, j'étais à sa place. C'était moi qui manipulait une jeune femme que je ne méritais pas. Je n'étais qu'une pute, un petit libertain, comme Emmett. Mais en beaucoup plus lamentable. Car moi, je m'accrochais sentimentalement à ces personnes, et je me faisais mal à chaque fois. Mais cette fois, je sentais que c'était différent. Je sentais que cette femme, je pourrais l'aimer, et qu'elle allait m'aimer en retour. Je la désirais, de toutes les manières qui soient. 


- Plus vite, plus fort, haleta Flora au travers ses gémissements.


Évidemment, j'obéis. Je m'activai de plus en plus fort en elle, et surtout de plus en plus rapidement. La sensation était tout simplement... magnifique. Ses cris se faisaient de plus en plus puissants. Tous les habitants du château devaient nous entendre en ce moment. Je fermai les yeux en retenant un puissant gémissement, alors que je sentais ma semence se déverser en elle. Au même moment, mon amante s'effondra dans le lit, alors que quelques spasmes de plaisir prenaient possession de son être. Je ne pus m'empêcher de sourire moqueusement. Bah quoi? J'étais fier de savoir comment m'y prendre, autant avec les hommes qu'avec les femmes. Tous les princes ne pouvaient pas faire ça. 


- Par tous les Dieux, chuchota-t-elle.


Oh, les dieux n'y étaient pour rien, je pouvais l'en assurer ! C'était moi, et uniquement moi. Je maniais si habilement mon membre. Enfin, c'était ce que je voulais penser. Et je voulais également que tout le royaume le sache. 


La magicienne se retourna vers moi, souriante. Je voyais bien qu'elle était comblée. Par contre, je venais de faire une erreur. J'étais venu en elle. J'espérais simplement ne pas l'avoir mise enceinte... 


Ses lèvres se posèrent contre les miennes avec tendresse, alors qu'elle me contemplait. 


- Vous êtes un amant exceptionnel, Filipp de Rubis, murmura ma douce. Je vous aime.


Je lui souris, avant de me coucher à ses côtés. Je la cueillis dans mes bras, afin qu'elle puisse se blottir contre mon torse. Pouvais-je réellement prendre cette femme comme épouse? Je ne savais pas si la loi me le permettrait. Mais je savais que j'allais tout faire pour y arriver. Lentement, je m'endormis dans les bras de Flora.


Je poussai un terrible cri, en me réveillant en sursaut. Je sentis un petit corps remuer à mes côtés. J'essuyai mon visage trempé de sueur, alors que je regardais vers la fenêtre. La nuit était tombée. Je me tournai donc vers Flora, que j'avais évidemment réveillée. Des cauchemars, j'en faisais à toutes les nuits depuis la mort de mon père... 


- Ce n'est rien, rendormez-vous, lui soufflais-je tendrement. 
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Jeu 6 Juil - 23:22

Pourquoi avais-je dit que je l'aimais? D'où cette impulsivité venait? J'étais une femme de livre, de réflexion; jamais, je ne parlais sans que l'on m'aie parlé avant. Jamais, je ne parlais de ce que je ressentais. Le Prince m'avait-il ensorcelé? Non, il n'avait pas de magie! Alors que ce passait-il avec moi?


Son sourire illumina la chambre et mon monde. Filipp me prit dans ses bras musclés et me pressa contre lui. Je me fis toute petite contre lui, comme si j'avais ma place dans ses bras. Je tentai de me connecter à ses pensées et frappai encore le mur magique. Comme je tentais encore de lire son esprit, en vain, je sentis mon amant et fiancé s'endormir dans mes bras. Sachant que notre union serait refusé par tous les monarques du continents, je me laissai tomber dans un sommeil profond.


Pour une nuit, je la passais bien, sans rêve. Tout était tranquille, je flottais sur des nuages, un sentiment de bien-être m'emplissant. Je me réveillai en sursaut, lorsqu'un horrible cri déchira le voile calmant de la nuit. Je me tournai vers mon amant, je vis son dos. Quelque chose l'avait réveillé et troublé. Filipp se tourna vers moi, son regard croisant le mien.


- Ce n'est rien, rendormez-vous, murmura-t-il.


Je me relevai en position assise, hors de question que je me rendorme, alors que mon amour était troublé. Mon quoi? J'attirai le visage de mon prince vers le mien et l'embrassai doucement. Je caressai avec douceur, ses joues. Je me redressai sur mes genoux, me pressant contre mon adorable fiancé. Je passai mes petits bras autour de lui et lui transmis une forte vague d'amour et d'apaisement.


- Qu'est-ce-qui vous a troublé, mon prince? demandai-je, pleine de douceur.


Je me séparai de lui, gardant une main contre sa joue et l'autre se noua avec la sienne. Si je devais l'épouser, je voulais qu'il me parle et qu'il n'aie rien à cacher. Je voulais l'aider à trouver la paix. Je poussai Filipp contre le matelas, avant de me presser contre son torse. J'embrassai son cou.


- Parlez-moi, soufflai-je. Je veux vous aider.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 27 Aoû - 20:57

Évidemment, elle ne m'écouta pas. De toute façon, avec toute la sueur qui dégoulinait contre mon corps, je devais fortement l'inquiéter. J'en avais marre de ces cauchemars. De revoir mon père mourir à toutes les nuits, sachant que je pouvais y faire quelque chose, mais que j'avais simplement figé. Je n'avais pas su réagir, et par ma faute, mon père était mort. Il comptait sur moi. Je voyais encore ses yeux au creux des miens, la peur qui les parcouraient, puis ses derniers mots. « Ne te blâme pas, tu es prêt Filipp. » Il s'était alors éteint, tandis que moi je continuais de tenter de stopper l'hémorragie, mais il avait déjà été admis sur les Grandes Plaines de Lumière. J'étais resté des heures durant là, à hurler ma peine et mon désespoir. Notre absence au souper ayant été remarquée, ma mère avait envoyé des soldats à notre recherche. Ils avaient du être six afin de m'immobiliser et me décrocher du corps de mon père. Ça avait été la dernière fois que j'avais vu son visage. Il m'avait demandé d'être silencieux, et je n'avais pas su respecter cela. Au lieu de traquer la bête, c'était elle qui nous avait traqués, et mon père en avait payé le prix ultime. Jamais je n'avais conté cette histoire à qui que ce soit. Mais elle hantait mes pensées la nuit. J'étais totalement incapable de m'en défaire. J'étais coupable. Je le voyais dans les yeux de ma mère, et également dans ceux de ma petite soeur, Katya. Elles me détestaient.


Alors que je respirais rapidement, je sentis les douces mains de la magicienne relever mon visage vers le sien. Elle dut y voir ma peine et ma douleur, puisqu'elle posa ses lèvres contre les miennes avec une douceur infinie. Même Emerick ne m'avait jamais électrisé de cette façon. J'étais complètement paralysé par sa tendresse à mon égard. Ça me rappelait mon père. Je la laissai me cajoler avec ses caresses, tandis que lentement, elle grimpait par-dessus moi, afin de coller nos corps. 


- Qu'est-ce qui vous a troublé, mon prince ? tenta de comprendre alors Flora. 


Je poussai un léger soupir, ne sachant pas quoi dire. Après tout, j'étais un adulte, un roi. Je me devais d'assumer mes actions, mais j'en étais incapable. Incapable de penser que j'aurais pu sauver mon père. Malgré tout, je gardai le silence, gardant sa main dans la mienne. Finalement, voyant que je ne parlais pas, la magicienne me poussa contre le matelas, puis se blottit contre moi. Je me mordis la lèvre inférieure. Je n'avais parlé de ces cauchemars à personne, pas même à ma mère. Pas même à Em. 


- Parlez-moi, murmura-t-elle alors. Je veux vous aider.


Mes yeux se remplirent de larmes, alors que la scène jouait en boucle dans ma tête. Voir mon père souffrir et mourir, encore et encore, c'était tout simplement insupportable. Et j'étais incapable d'en parler à qui que ce soit. Je hochai donc négativement la tête, avant de me défaire de l'étreinte de la jeune femme. Je me dirigeai vers mes bains privés, attenant à ma chambre. Déjà nu, je me glissai dedans, afin de rafraîchir mon corps. Je fermai les yeux, tentant d'éliminer les images de ma tête. Je sentis deux mains commencer à me masser les épaules. Croyant que c'était un serviteur, je le chassai d'une main, mais la personne ne bougea pas. Je tournai donc la tête, croisant le regard de la magicienne, qui avait enfilé une mince robe de nuit. 


- C'est mon père... soufflais-je alors. Je suis incapable d'en parler...


J'essuyai maladroitement les larmes qui roulaient le long de mes joues. Je me sentais tellement seul dans cette aventure.
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 17 Sep - 0:58

En quelques heures, mon monde avait changé. De Magicienne d'Émeraude, j'étais maintenant fiancée au Roi de Rubis et future Reine de ce Royaume. Moi, douce femme du Désert, je devrais vivre au royaume de la chasse pour le restant de mes jours. L'idée d'y vivre n'était pas ma préférée, mais l'idée de vivre auprès de mon Roi d'amour était ce qui me retenait de ne pas briser ces fiançailles.



Les yeux bruns, si doux, de mon amant se remplirent de larmes. Je fus tenté de me réessayer à fouiller son esprit, mais je savais que je me frapperais à un mur. Je devrais donc attendre qu'il daigne me parler. Filipp finit par secouer la tête et s'arracha à mes bras. Il sortit du lit et se dirigea vers les bains privés de ses appartements. Je sautai hors du lit et remis ma nuisettes blanche. Fil entra dans l'eau chaudes et ferma les yeux, je me faufilai donc dans son dos et me mis à genoux sur le carrelage mouillé. Mes petites mains se posèrent sur ses épaules musclées, que je commençai à masser. Pensant que j'étais un serviteur, mon doux fiancé me chassa de la main, mais je ne bougeai pas. Il se retourna et ses yeux croisèrent les miens.



- C'est mon père... murmura-t-il. Je suis incapable d'en parler...



Il essuya ses larmes, d'un geste maladroit. Je mordis ma lèvre inférieure, avant de me glisser dans l'eau, toute habillée. Je me glissai dans les bras de mon roi et posai mes mains sur ses joues, afin de caler mon regard dans le sien.



- Mes parents m'ont abandonnés à Émeraude, pensant faire de moi un Chevalier, dis-je. Alors que je n'ai pas une once de violence en moi. Je ne sais pas s'ils sont morts à l'heure où je vous parle et n'ai aucun souvenir d'eux.



Je passai une main douce dans les cheveux bouclés de Filipp. Mon autre main glissa sur son coeur, lui transmettant une vague d'apaisement. Mes lèvres se pressèrent contre les siennes, lui transmettant une vague d'amour.



- Chérissez les souvenirs heureux de votre père, lui soufflai-je. Mais n'oubliez pas les mauvais. La souffrance, nous fait rester humains. Sachez qu'il est sûrement fier de l'homme honorable, que vous êtes.



Je me blottis contre son torse, nouant mes jambes autour sa taille. Mon oreille était collée sur son coeur, je pouvais entendre l'organe reprendre un battement normal. Je fermai les yeux et baisai tendrement la peau douce de son cou.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 15 Avr - 19:00

Mes frères et soeurs avaient raison de me tenir rancune de la mort de notre père. C'était entièrement de ma faute. Cependant, jamais je n'avais voulu que ça se produise. Mais je n'avais pas aidé à ma cause en détrônant ma mère. Maintenant, ils croiraient que j'avais fait exprès de tuer notre paternel afin de prendre le trône. Et c'était si faux... J'allais me mettre ma famille entière à dos. J'espérais seulement que ma mère saurait les raisonner et qu'elle saurait me pardonner. Mais j'étais incapable de m'excuser. Julian me saluait à peine dans les corridors, tandis qu'Emmett me bousculait dans les corridors. Katya ne me regardait même plus. Il n'y avait que Greta qui ne m'en voulait pas. Mais elle était tellement proche de notre mère. Lorsqu'elle apprendrait ce que j'avais fait, j'étais certain de ne pas avoir son pardon. J'étais con. Mon père m'avait dit que j'étais prêt avant de mourir, mais c'était loin d'être le cas. J'étais maladroit, jeune, stupide, et beaucoup trop émotif pour être roi. Emmett serait un bien meilleur roi que moi, c'était évident et tout le monde le savait. Pourtant, mon père s'était obstiné à faire de moi l'héritier du trône. 


La magicienne entra alors dans les eaux, toute vêtue. Je la laissai se glisser dans mes bras, même si je n'avais pas le moral à l'avoir près de moi. Mais je n'avais pas la force de la repousser. Je voulais être seul. Non. Je voulais être avec ma mère. J'avais besoin d'elle. J'avais besoin qu'elle me rassure et qu'elle m'aime. Car en ce moment, je n'étais plus certain de ce qu'elle ressentait à mon égard. J'avais l'impression que ma famille entier me détestait. En fait, je n'écoutais même pas ce que me disait Flora. Cependant, je sentis la puissante vague d'apaisement qu'elle me transmit. Mes frères et soeurs m'en transmettaient souvent, avant l'accident. 


- Sachez qu'il est sûrement fier de l'homme honorable, que vous êtes, entendis-je au loin. 


Honorable ? Non. Je n'étais pas honorable. Flora se blottit alors contre moi. Cependant, je la repoussai bien rapidement. Je n'avais pas d'honneur. J'avais détrôné ma mère par égoïsme. Mon père me regardait de là-haut, avec tous ses ancêtres. Je lui faisais honte. Je devais rectifier ce tir. 


- Je suis désolé, soufflais-je à Flora. Restez dans mes appartements, mes serviteurs sont à votre disposition si vous avez besoin de quelque chose. Je dois régler quelque chose. 


Je volai un baiser sur ses lèvres, puis je l'embrassai sur le front, comme pour la rassurer. J'allais revenir vers elle, elle n'avait pas à s'en soucier. Mais en ce moment, je ne pouvais pas vivre avec moi-même. Je devais réparer mes erreurs, sinon je ne serai jamais un roi respecté. Je m'essuyai rapidement, avant d'enfiler un pantalon noir très simple et une tunique d'un rouge plutôt foncé. Je restai pieds nus. Je me sauvai alors dans le corridor, montant de deux étages afin de me retrouver dans les appartements de ma mère. Je cognai trois petits coups à la porte de son salon, comme sa chambre était vide. 


- Entrez, entendis-je alors.


Je tournai la poignée et poussai la porte massive de bois. Ma mère était assise dans un fauteuil, ma soeur Greta à ses côtés. Je pouvais voir que ma mère avait pleuré. Ma soeur me fixait d'un oeil noir, elle qui était si douce habituellement. Malgré tout, je ne sentais aucune colère du côté de ma mère. Je refermai la porte derrière moi, avant de m'approcher vers les deux femmes de ma vie. (Toi aussi Katya) 


- Greta, tu me laisses seul avec mère, s'il-te-plaît ? lui demandais-je. 


- Je n'ai pas vraiment le choix, Votre Majesté, pesta-t-elle, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. 


J'avalai de travers, alors qu'elle quittait les lieux en faisant une petite révérence. Je pris place dans le fauteuil où Greta était assise quelques secondes plus tôt. Ma mère évitait mon regard. Je passai une main nerveuse dans mes cheveux bruns. 


- Mère, tentais-je alors. 


Regard noir. 


- Maman, me corrigeais-je. Je n'aurais pas dû te prendre le trône. J'étais fâché de ton refus et... J'ai agi stupidement sur un coup de tête. Je... Je suis désolé. C'est déjà difficile de vivre avec Julian, Emmett et Katya qui ne me parlent plus à cause de papa je peux pas... Je peux pas te perdre toi aussi...


J'avais dit la dernière phrase en sanglots. La vérité était que j'étais faible. Je n'avais pas le cran d'un roi et je ne l'aurai jamais. Je cachai mon visage entre mes mains, perdant le contrôle de mes émotions.


- J'te jure maman j'ai pas fait exprès. J'ai pas voulu la mort de papa ! Reprends le trône. J'en veux plus. Je veux pas être roi ! 


C'est alors que je sentis une main maternelle se glisser dans mes boucles avec tendresse.
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Esméra

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Lun 16 Avr - 17:37

J'étais plus que dépressive. Je m'étais enfermée dans mes appartements, pour pleurer de tout mon soul. J'avais prié de longues heures à ma déesse Theandras pour de l'aide. J'avais interdit à quinconce de me déranger, je voulais sombrer dans le noir toute seule. Edward aurait honte de mon comportement envers son fils. Mes enfants étaient la chose qui me retenait le plus en ce monde, sans eux, je me jetterais d'une fenêtre pour revoir mon mari.



Ma fille Greta avait fini par venir me rejoindre dans ma chambre, alors que je pleurais couchée sur mon lit. Ma fille aînée m'aida à me relever et me serra dans ses bras. Je ne l'écoutais pas, je compris quelque chose comme être de mon côté. Je ne voulais pas de côté, je n'avais rien à faire de la couronne, je voulais ravoir ma famille avec moi. Elle finit par me faire lever et asseoir dans un fauteuil confortable. Greta prit place près de moi. La porte s'ouvrit sur mon fils aîné, piteux.



- Greta, tu me laisse seul avec mère, s'il-te-plaît? demanda mon premier enfant.



Ma fille railla son frère, avant de sortir, lui laissant sa place. Je gardai les yeux au sol, car je ne voulais pas recommencer à me prendre la tête avec mon fils. Mon enfant m'avait blessé et je ne me voyais pas faire les premiers pas. Dans mon périphérique, je le vis passer une main dans ses cheveux. Il devait être tout aussi nerveux que moi.



- Mère, dit-il.



Je levai un regard agacé sur lui. Ne m'appelle pas mère si tu es pour venir chercher du réconfort. Mère est une façon horrible de s'adresser à celle qui t'as donné la vie et qui t'as aimé.



- Maman, se reprit-il. Je n'aurais pas dû te prendre le trône. J'étais fâché de ton refus et... J'ai agis stupidement sur un coup de tête. Je... Jsuis désolé. C'est déjà difficile de vivre avec Julian Emmett et Katya qui ne me parlent plus à cause de papa... Je peux pas... Je peux pas te perdre toi aussi...



Mon enfant éclata en sanglots. Ce qui était fait était fait, trop tard pour reculer. Ed me disait toujours que Filipp ferait un bon roi, qu'il serait l'héritier. Je voyais Emmett personnellement, mais ce dernier était promis au trône d'Opale. Julian n'aimait pas régner. Greta semblait trop douce et Katya trop jeune. Filipp était donc la seule solution.



- J'te jure maman j'ai pas fait exprès. J'ai pas voulu la mort de papa! Reprends le trône. J'en veux plus. Je veux pas être roi, pleura mon aîné



Je posai une main douce dans ses cheveux, avant de relever son visage vers le mien. Je pleurais aussi. De rage, de tristesse et de déception. Filipp crachait sur l'héritage de son père et je ne lui permettrait pas. Je l'aiderais. Mais il resterait Roi, le peuple l'aimait et au fond d'eux ses frères et soeurs aussi. Je reniflai et plongeai un regard dur dans celui de mon fils.



- Filipp de Rubis, dis-je du même ton que je prenais lorsqu'il faisait un mauvais coup et que je devais lui expliquer ce qu'il faisait. Ce que tu es en train de me dire est encore pire que de m'enlever une couronne que je n'ai jamais eu. Tu crache sur la dernière volonté de ton père et cela me brise le coeur.



Ma main prit la sienne. Si j’avais été promise jeune, j'étais tombée amoureuse du jeune Roi Edward. Filipp avait ma nature un peu craintive, mais ressemblait à son père. Je posai une main sur sa joue barbue et lui souris. Mes lèvres se posèrent sur son front.



- Tu vas garder le trône, il est à toi, dis-je, tout doucement. Je vais t'aider, te guider, mais je ne ferai pas ton travail à ta place. Tu es un homme, mon fils, fais confiance à ton instinct et rends ton père fier de toi.



J'attirai mon fils dans mes bras et me remis à pleurer, cette fois de joie et d'amour. Mon enfant, mon premier enfant, le jumeau de Fil n'avait pas vu le jour, le survivant avait hérité du nom et de la lourde tache.



- Sache que je t'aime et que je reste incroyablement fière de l'homme que tu es devenue.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Sam 12 Mai - 23:36

J'avais mal. Je n'en voulais plus de cette pression qui m'accablait. Je n'étais pas fait pour régner, jamais je ne l'avais été. Mon frère me l'avait toujours dit. Mon père, pour sa part, était convaincu que je ferais le meilleur roi que Rubis ait jamais connu. Je ne savais pas pourquoi il avait placé tant d'espoir en moi. Après tout, la première chose que j'avais fait après son départ pour les Grandes Plaines de Lumière était détruire tout ce qu'il avait fait. Je croyais que ma mère serait contente que j'accepte de marier une femme, et encore plus de marier une magicienne, qui était, de surcroît, la magicienne d'Émeraude. Mais je m'étais trompé et je lui avais stupidement ravi le trône, pour une femme que je ne connaissais pas, et surtout, que je n'aimais pas. Je ne la détestais pas, bien au contraire, j'appréciais sa présence. Cependant, mon coeur avait toujours appartenu à Emerick d'Argent. 


Lentement, la main de ma mère releva mon visage vers le sien. J'avais honte de la voir pleurer de la sorte, car c'était entièrement de ma faute. J'eus envie d'éclater encore plus en sanglots, mais ce n'était pas digne d'un prince. Je pris une grande inspiration, comme pour rassembler mon courage, afin d'affronter ma mère. 


- Filipp de Rubis, fit-elle, sévère. Ce que tu es en train de me dire est encore pire que de m'enlever une couronne que je n'ai jamais eue. Tu craches sur la dernière volonté de ton père et cela me brise le coeur. 


J'eus l'impression qu'un pieu me traversait le corps. Je ne voulais pas briser ma mère, et pour rien au monde je ne voulais ternir la mémoire de mon père. J'eus envie de m'enfuir afin d'aller pleurer toutes les larmes de mon corps, mais la tendresse de ma mère eut raison de moi. Sa main se glissa dans la mienne, tandis qu'elle me souriait. Elle n'était pas fâchée...


- Tu vas garder le trône, il est à toi, commença doucement Esméra. Je vais t'aider, te guider, mais je ne ferai pas ton travail à ta place. Tu es un homme, mon fils, fais confiance à ton instinct et rends ton père fier de toi. 


Je hochai lentement la tête de haut en bas, alors que ma mère me prenait dans ses bras. Je la serrai fortement, heureux que les choses soient rétablies. 


- Sache que je t'aime et que je reste incroyablement fière de l'homme que tu es devenu, ajouta-t-elle. 


Je me défis de son étreinte, plongeant mon regard au creux du sien. Malgré ses traits tirés, elle restait la plus belle femme de tout Enkidiev. Je l'embrassai avec tendresse sur la joue, avant de me relever et de prendre place dans le petit fauteuil libre. 


- Alors selon toi, qui devrais-je épouser, si ce n'est pas la magicienne d'Émeraude ? demandais-je. 


Ma mère était excessivement brillante. Elle savait très bien que des princesses, il n'y en avait pas des tonnes sur le continent. Je n'avais jamais été promis à qui que ce soit, et il y avait une raison. Aucune princesse n'était disponible. Je passai une main nerveuse dans mes cheveux. Elle devrait bien admettre que c'était la meilleure candidate à asseoir sur le trône à mes côtés, même si j'avais plus qu'envie de le laisser à mon frère et d'aller vivre avec Em. J'avais besoin de ses bras, de sa chaleur, et de sa présence. Il ne me visitait plus aussi souvent qu'avant, et ça me faisait mal. 


- Maman... soufflais-je alors. Je... J'aime les hommes, lâchais-je alors. Flora est un choix uniquement politique. 


Cette phrase, que j'avais rêvé de dire à mon père toute ma vie, mais que je n'avais jamais été capable de faire, de peur de le décevoir, venait enfin de franchir mes lèvres devant ma mère. Cependant, je n'avais pas été capable de le faire en la regardant. J'avais la tête baissée, de peur de voir le jugement voiler ses yeux. 
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Esméra

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Lun 14 Mai - 21:35

Être mère de cinq enfants signifiait les aimer sans condition, même si deux de mes garçons avaient tendance à me mettre folle de rage parfois et que mes deux filles refusaient mes propositions de promesses au peu de princes disponibles du continent. Et le dernier passait le plus clair de son temps à Opale.  Je portais encore mon dernier enfant et sentais que ma date d'accouchement approchait.



Je sentais la force de l'étreinte de mon fils contre moi, heureuse de maintenant être réconciliée avec mon enfant aîné. Son regard brun pâle se plongea dans le mien, Fil avait mes yeux, Edward avait les yeux bleus. Ed ne cessait de me dire qu'il était heureux que son aîné ait mes yeux. Mes deux filles avaient les yeux de leur père et mon apparence, alors que mes fils étaient le contraire. Filipp se dégagea de mon étreinte, avant de se lever et retourner s'asseoir sur le petit fauteuil.



- Alors selon toi, qui devrais-je épouser, si ce n'est pas la magicienne d'Émeraude? demanda-t-il.



Je voulus pousser un soupir. Les princesses disponibles se faisaient de moins en moins disponibles et les filles de nobles semblaient refuser nos invitations. Je vis que cette situation agaçait autant mon fils aîné que moi, lorsqu'il passa une main nerveuse dans ses cheveux. Il était vrai que la belle Magicienne était une candidate parfaite, mais son devoir était envers son propre Royaume, celui d'Émeraude.



- Maman... murmura Filipp de sa petite voix. Je... J'aime les hommes, avoua-t-il. Flora est un shoix uniquement politique.



Je ne pouvais me mettre à haïr mon fils, soudainement. Mais cette situation ne me plaisait pas du tout, j'étais déçue, mais mon amour pour mon enfant était plus fort que cela. Ce qui me blessait le plus était qu'il ne m'avait pas regardé dans les yeux, lorsqu'il m'avait avoué son homosexualité . Je relevai le visage de mon fils vers le mien. Je passai une main maternelle dans ses cheveux, sans pouvoir dire un mot. C'était pour cette raison que le prince d'Argent nous visitait si souvent.



- Filipp, dis-je.  Je t'aime peut importe qui tu aime.



J'adai mon fils à se relever, pour se rasseoir dans le petit fauteuil. Je pris sa main dans la mienne, comme je le faisais souvent lorsqu'il était tout jeune et qu'il faisait un cauchemar. Je lui souris gentiment et posai un baiser sur son front.



- Le mariage entre ton père et moi était un choix uniquement politique, au début, racontai-je. Les premières années de notre union, je les passais dans ma chambre à pleurer toutes les larmes de mon corps, en écrivant à ma mère de venir me chercher et de me ramener à Opale. Un jour, ton père s'est assis sur mon lit et m'a simplement écouté parler de mon Royaume. Et peu à peu, nous sommes devenus amis, puis amants et nous t'avons eu.



Je posai une main aimante contre sa joue.



- Un mariage peut commencer comme une alliance et devenir tellement plus, murmurai-je. Ne te ferme pas à ce que la vie avec la belle Magicienne peut t'offrir. Laisse-la t'apprendre qui elle est et laisse-la apprendre à te connaître.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 12 Aoû - 20:14

Je tremblais de tout mon être. Était-ce de la honte ? Je ne saurais dire. Mais j'avais peur, terriblement peur d'être rejeté par ma mère et par tous les autres membres de ma famille. Qui voulait d'un roi homosexuel ? Personne. Ce n'était pas ainsi que des héritiers venaient au monde. Je fus surpris de sentir la main de ma mère dans ma chevelure. 


« Filipp, je t'aime peu importe qui tu aimes, prononça enfin ma mère, ce qui m'enleva un lourd poids sur mes épaules. »


Malgré tout, mon plus grand regret serait de ne jamais avoir pu le dire à mon père, parce que j'étais un  lâche. Mais déjà, je me sentais beaucoup plus libre. C'était ce que j'avais besoin. La liberté. Surtout dans ma relation que j'aurais avec ma future reine. Car jamais je ne pourrais être comblé comme un homme pourrait le faire avec moi. 


Ma mère aida à me relever et je repris place dans le fauteuil. Sa main se glissa dans la mienne et ses lèvres formèrent un baiser rassurant contre mon front. Je souris tendrement. 


« Le mariage entre ton père et moi était un choix uniquement politique, au début, commença alors ma mère. »


J'écoutai son récit, comprenant la leçon qu'elle tentait de m'infliger. Malgré tout, jamais je ne pourrais arrêter d'aimer les hommes. J'aurais tant aimé pouvoir en épouser un. Emerick... Je savais maintenant que c'était impossible, il ne m'aimait pas comme moi je l'aimais. Mais j'avais besoin de quelqu'un dans ma vie. Un homme. 


« Un mariage peut commencer comme une alliance et devenir tellement plus, chuchota ma mère, nostalgique. Ne te ferme pas à ce que la vie avec la belle magicienne peut t'offrir. Laisse-la t'apprendre qui elle est et laisse la apprendre à te connaître.  »


Je poussai un soupir, bien malgré moi. Ma mère venait d'accepter mon mariage avec Flora, mais cela ne réglait pas mon problème. En étant roi, jamais je ne pourrais être heureux. Du moins, pas totalement. Je me mordis la lèvre nerveusement, ne sachant pas quoi dire à ma mère.


« Je... Je vais épouser Flora, mère, puisque je n'ai pas le choix, déclarais-je alors. Mais sachez que si j'avais le choix, je laisserais le trône à Emmett et je mènerais une vie tranquille et discrète avec un homme aimant qui pourrait me combler comme je le désire. »


J'embrassai sa joue avec tendresse, puis je posai une main délicate contre son ventre bien rond. Une paire de jumeaux, encore. J'espérais seulement que malgré son âge, son accouchement se passerait bien. 


« Mère... dis-je alors, la gorge serrée. Croyez-vous que père m'aimerait tout de même, même si... »


J'aime les garçons? Ces mots ne franchirent jamais ma bouche.
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Esméra

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mar 14 Aoû - 19:26

Mon fils était jeune et n'avait pas autant vécut que moi. Son père nous avait quitté il n'y avait pas très longtemps et cela le marquait plus que les autres. Et mes autres enfants lui en voulait car Filipp n'avait pu sauver Ned. Mon aîné était aussi le seul sans magie et sans jumeau. Il avait donc une pression supplémentaire sur les épaules, en plus d'hériter du trône. Ned me manquait aussi, je dormais maintenant dans sa chambre et son absence dans le lit était fortement remarquée. 


Je savais que refuser son mariage à une femme avec une aussi grande destinée que lui, suffirait à le monter contre moi. Mon enfant me manquait, maintenant qu'il m'était revenu, je n'allais plus m'opposer à sa volonté. Fil poussa un soupir, rien ne saurait lui rendre son sourire. Ned avait spécifié qu'aucun de nos autres fils ne lui succéderaient, tant que l'aîné vivait. Je vis ce dernier mordre sa lèvre inférieure, toutjours troublé. 


- Je... Je vais épouser Flora, mère, puisque je n'ai pas le choix, déclara-t-il. Mais sachez que si j'avais le choix, je laisserais le trône à Emmett et je mènerais une vie tranquille et discrète avec un homme aimant, qui pourrait me combler comme je désire. 


Mon fils posa un bisous tout doux sur ma joue, avant de doucement poser sa main sur min ventre. Mes jumeaux arriveraient bientôt et cela me stressait. J'avais peur d'en perdre un, en raison de mon âge. Rien n'était sûr, puisque ces petits se faisient tellement discrets dans mon ventre. 


- Mère... souffla mon enfant. Croyez-vous que Père m'aimerait tout de même, même si...


Épuisée, mais aussi triste, je fermai les yeux. Non. La réponse était non. Ned était le pire homophobe, c'était la raison pourquoi, il avait insisté que ses fils maîtrise les armes et la chasse, avant les usages de la cour. Il refusait que Fil, Emmett ou même Julian ne tombe amoureux d'un homme. Ses fils pouvaient épouser la femme qu'ils voudraient, mais si leur coeur appartenait à un homme, ce n'était plus son fils. 


- Bien sûr, Filipp, souffla-je, en caressant ses boucles brunes. Ton père était l'homme le plus aimant s'Enkidiev. Personne ne comptait plus que ses enfants et leur bonheur à ses yeux. 


Je posai un bisous sur le front de mon fils, avant de me lever et me diriger vers le balcon. Sachant que Fil ne pouvait pas voir mon visage, je laissai aller les larmes, Ned avait intercepté des lettres pour Emerick d'Argent de la main de son fils. J'avais réussis à le convaincre que cela finirait par mourrir, comme relation, puis que le Prince d'Argent n'était qu'un coureur de jupon et se fatiguerait de notre fils. 


- Filipp, ton père... Il t'aimait plus que les autres, soufflai-je triste. 
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 19 Aoû - 20:51

Mon coeur battait la chamade. En fait, il battait tellement fort que j'avais peur de ne pas entendre la réponse de ma mère. Je n'entendais que des battements effrénés. J'étais effrayé. Effrayé à l'idée que mon père ne puisse plus être fier de l'homme que j'étais, s'il était encore parmi nous. J'osais espérer qu'il serait simplement content que je cherche l'amour. Je déglutis avec difficulté, lorsque je vis ma mère fermer les yeux. Pourquoi? Était-elle seulement épuisée, ou alors redoutait-elle de la réponse qu'elle allait me dire ? Je me mordis la lèvre inférieure, luttant contre des larmes potentielles. 




« Bien sûr, Filipp, murmura ma mère, sa main fourrageant dans mes cheveux. Ton père était l'homme le plus aimant d'Enkidiev. Personne ne comptait plus que ses enfants et leur bonheur à ses yeux. »




Je souris de soulagement, alors que ma mère baisait mon front avec tendresse. Elle se leva alors, avant de se diriger vers son balcon. Je ne savais pas si je devais l'y suivre, alors je restai à l'écart, dans le petit salon. 




« Filipp, ton père... Il t'aimait plus que tous les autres, souffla ma mère, un sanglot dans la voix. »




Je me levai brusquement en entendant les pleurs de ma mère. Je la rejoins sur le balcon, avant de la serrer tendrement dans mes bras. 




« Pardonnez-moi mère, je ne voulais pas raviver des souvenirs douloureux, soufflais-je. »




Je laissai ma mère pleurer contre mon épaule, jusqu'à ce que trois petits coups soient cognés à la porte. Je séchai ses larmes avec mon pouce, avant d'aller ouvrir. C'était ma petite soeur, et un des soldats de sa garde personnelle. 




« Je te laisse avec mère, décidais-je alors. Félix, saluais-je le garde. »




J'embrassai une dernière fois ma mère, mais me retins pour ce qui était de Katya. Elle m'en voulait encore pour tout. Je quittai ensuite les appartements d'Esméra. 




*********




Deux mois plus tard...




J'en avais marre. Strictement marre de cette vie. Malgré tous les efforts que je faisais pour aimer Flora, j'en étais tout simplement incapable. Elle ne me procurait pas le plaisir que je voudrais, et sa personnalité entrait toujours en conflit avec la mienne. 




« Pourrais-tu arrêter de toujours remettre ma parole devant les assemblées ? éclatais-je alors en refermant la porte de nos appartements. Comment veux-tu que je gouverne un royaume si tu es toujours là à mettre ton petit mot ? »




Je frappai fortement la porte de bois du plat de ma porte, avant de hurler de rage. Ce n'était pas la première fois que nous avions cette conversation. Depuis notre mariage, notre vie était devenue un cauchemar. Et c'était pire depuis qu'elle était enceinte. J'en avais marre de devoir faire mon devoir et ne pas être heureux. Je ne voulais plus de Flora dans ma vie, mais je ne pouvais pas me débarrasser d'elle, maintenant qu'elle était reine. 
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Felix

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 19 Aoû - 22:11

Deux mois après le mariage royal, je voyais bien que la tension avait monté d'un cran au château. Les audiences royales devenaient la source de conflit entre le Roi, sa femme et le reste de sa famille. Puisque ses appartements étaient voisins à ceux de la Princesse Katya, nous entendions parfois le couple royal se chicaner violemment. Cela effrayait la pauvre princesse, puisque cette dernière cherchait à demander la bénédiction de son frère, pour épouser le commandant Eliott d'Argent.


L'audience d'aujourd'hui fut un franc échec, je jetai un regard à la Princesse Katya, qui secoua la tête. Encore une autre audience ratée pour elle, qui ne se voyait pas demander une telle demande à son frère aîné. Son jumeau Julian tentait de la tenir calme, en lui tenant la main. La Reine Flora venait de se lever, pour quitter la pièce, ce qui voulait dire que Filipp la suivrait. Elle s'était opposée à une décision de son mari, une fois de plus. Tous finirent par quitter la salle, je suivis ma princesse à sa chambre. Je refermai la porte derrière moi.


- Pourrais-tu arrêter de toujours remettre ma parole devant les assemblées? fit la voix forte de Filipp derrière le mur. Comment veux-tu que je gouverne un royaume si tu es toujours là à mettre ton petit mot?


Un bruit sourd nous fit sursauter. Katya lança un regard inquiet vers le mur qui séparait ses appartements de ceux de son frère. Je posai une main sur son épaule, lui indiquant que si les choses empiraient, j'irais voir à la sécurité de la reine. Ma charge se dirigea vers sa chambre à coucher, en retirant son diadème.


- Comment veux-tu que je ne m'oppose pas à tes décisions injustes, Filipp? fit la voix de Flora. Tu deviens un tyran et je ne veux pas que mon enfant ne te ressemble, quand je vois cela!


Le son d'un coup porté à quelqu'un se fit entendre, puis le cri de la nouvelle Reine. Je me jetai vers la porte et ouvris celle du Roi à la volée. La belle dame d'Émeraude tenait sa joue, les yeux remplis de larmes. Je me lançai entre elle et mon Roi. Protégeant la nouvelle Reine et son enfant de mon corps.


- Cela ne vous ressemble pas, Altesse, dis-je. Votre père n'a jamais frappé votre mère!


Mon regard se plongea dans celui de mon Roi, avec qui j'avais grandis. De ses frères, il était celui à qui je parlais le moins, mais je connaissais son âme. Il était un homme bon et juste. Ma main se referma sur la garde de mon épée, même si je n'allais pas attaquer. Je savais qu'il ne me défierait pas.


- Filipp, dis-je. Ne recommence pas. Laisse-la partir, si tu n'es point heureux, mais ne violente pas la femme qui porte ton enfant.


- Tu n'auras pas le bonheur de connaître tes enfants, Filipp de Rubis, pas après ce geste lâche, fit la Reine, derrière moi.


Je me retournai, mais la belle venait de s'évaporer en un nuage doré. Je me retournai vers Filipp, des larmes coulaient sur son visage, alors qu'il fonçait vers sa femme. Je le retins, le serrant dans mes bras.


- Chuuut, soufflai-je. Flora ne te privera pas de voir tes enfants, j'en suis sûr.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 26 Aoû - 17:40

Des larmes de rage coulaient le long de mes joues. Avait-elle profité de moi? Avait-elle tout planifié depuis notre première rencontre? Je ne savais plus quoi faire d'elle. Ma mère ne quittait plus ses appartements car sa grossesse était très difficile, et je ne voulais pas la déranger avec ma vie conjugale. Clairement, je n'étais pas heureux, et Flora non plus. Ça ne pouvait tout simplement plus continuer. J'allais régner sans reine. Après tout, c'était moi qui avait le dernier mot ici. Elle ne viendrait plus aux assemblées, et je ne la verrais que lorsque ce serait absolument nécessaire. Je n'en pouvais plus. J'avais fait tellement d'efforts, mais ça ne menait à rien. Mon père me dirait de suivre mon coeur, alors que ma mère me dirait d'écouter ma raison. En ce moment, les deux me disaient de foutre la reine à la porte. Alors c'était exactement ce que je ferais. Et cet enfant ? Je n'en voulais pas. J'allais l'obliger à boire la potion qui faisait perdre les bébés. 




« Comment veux-tu que je ne m'oppose pas à tes décisions injustes, Filipp? pesta Flora, me rendant encore plus en colère. Tu deviens un tyran et je ne veux pas que mon enfant ne te ressemble, quand je vois cela ! » 




Je me retournai aussitôt, ma main frappant la reine de son revers. Je l'avais tellement heurtée fort, que j'avais mal à mes jointures. Je regrettai rapidement ma violence, mais c'était trop tard. Flora tenait sa joue, les larmes aux yeux. Au moins, elle s'était fermé la gueule, il fallait voir le positif. 




La porte s'ouvrit brusquement. Qui osait intervenir ? Mon regard se durcit, jusqu'à ce que je vois Félix se placer entre Flora et moi. Étrangement, je me sentis devenir beaucoup plus calme. 




« Cela ne vous ressemble pas, Altesse, me sermonna le soldat. Votre père n'a jamais frappé votre mère ! »




Je restai de glace devant ses paroles. Je détestais me faire vouvoyer, encore plus par quelqu'un avec qui j'avais grandi, et encore plus lorsque j'étais déjà hors de moi. Son regard était bien encré dans le mien, et je le vis poser sa main sur la garde de son épée. Comme si j'allais l'attaquer... Je n'avais pas l'habitude d'agresser les gens. Flora m'avait simplement mis hors de moi. Elle n'avait aucun droit d'agir comme elle le faisait. Même si elle était la reine, je restais son roi. J'avais le pouvoir, pas elle. 




« Filipp, continua Félix, de manière beaucoup plus familière. Ne recommence pas. Laisse-la partir, si tu n'es point heureux, mais ne violente pas la femme qui porte ton enfant. 


- Tu n'auras pas le bonheur de connaître tes enfants, Filipp de Rubis, me menaça Flora. Pas après ce geste de lâche. »




Je serrai les dents, tentant de m'élancer vers elle, mais elle s'évanouit en un nuage de fumée. Fél me retint alors, serrant ses bras autour de moi. Ce qui me fâchait, ce n'était pas de ne pas connaître mes enfants, mais plutôt qu'on me fasse des menaces. Non. Je ne voulais plus avoir aucun lien avec cette femme. Pas même par l'intermédiaire d'enfants. 




« Chuuut, souffla le garde de ma soeur, pour me calmer. Flora ne te privera pas de voir tes enfants, j'en suis sûr. »




S'il en était sûr, c'était qu'il ne connaissait pas bien cette femme perfide. Mais je compris qu'elle était partie pour de bon. J'avais fait le geste qu'il fallait faire pour qu'elle fuie. Je n'étais pas très fier de ce que j'avais fait, mais le résultat était celui souhaité. Petit à petit, je me calmai, et Félix relâcha son emprise. Sans m'en rendre compte, j'avais serré les poings si fort que j'avais enfoncé mes ongles dans ma chair. Mes mains saignaient, et le revers de la main qui avait frappé Flora enflait à vue d'oeil. Je n'imaginais pas sa joue... 




« Je t'ai affecté à la défense de la princesse, pas à celle de la reine, maugréais-je alors, lui tournant dos afin qu'il ne voit pas mes mains. »




Je poussai un long soupir. Pourquoi? Pourquoi est-ce que la présence de Félix me rendait plus calme ? Je n'en avais pas la moindre idée. Je fermai les yeux, incapable de penser. J'entendis alors la porte ouvrir et je me retournai subitement. 




« Non, reste, lui ordonnais-je alors, d'un ton que je tentais doux. J'ai pas envie d'être seul... »




Je cachai rapidement mes mains derrière mon dos, lui jetant un regard désemparé. Je ne savais pas ce que je faisais. Je ne savais pas régner, et les interventions de Flora n'avaient pas joué en ma faveur. J'avais perdu beaucoup de crédibilité auprès du peuple, et les rumeurs couraient. Ils pensaient qu'ils étaient gouvernés par un incompétent. Ils n'avaient pas tort. Et la seule personne capable de m'aider était alitée. Je ne pouvais pas la déranger avec des choses aussi stressantes. Je n'avais personne à qui me référer. En fait, si. Emerick. Il était roi, maintenant, et les choses allaient plutôt bien de son côté. Sans doute pourrais-je lui demander de venir... En même temps, il pourrait peut-être me réconforter. 




« Vas-y, dis-le, lâchais-je alors. Je suis le pire roi qu'ait connu le royaume de Rubis. Si ça continue, c'est ma tête qu'on va réclamer... »
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mer 12 Sep - 16:03

J'avais passé toute ma vie à servir et protéger, la princesse Katya et la Reine Flora était devenue de grandes amies, surtout lorsque son mari et elle se chicanait. Il n'était pas rare de voir la jeune reine entrer en trombe dans la chambre de ma charge et pleurer pendant de longues heures dans ses bras. Malgré cela, je continuais de voir Filipp comme un roi juste, mais inexpérimenté. Tout homme ayant un royaume à sa charge, faisait quelques erreurs en début de règne, il fallait simplement le guider dans la bonne direction.


Dans mes bras, mon roi finit par se calmer, je le laissai se défaire de mon étreinte. Je pouvais sa main devenir de plus en plus enflée et rouge. Je n'imaginais pas la joue de Lady Flora, je ne pouvais en vouloir à ni l'un, ni l'autre.


- Je t'ai affecté à la défense de la princesse, pas à celle de la Reine, gronda mon roi, en me tournant le dos.


Je roulai les yeux, je n'allais tout de même pas laisser mon souverain battre sa femme à mort! De plus, c'était Katya qui m'avait demandé d'intervenir. Je poussai un soupir, avant de me diriger vers la porte, j'allais le laisser tranquille et retourner à ma charge. J'ouvris la porte lentement.


- Non, reste, dit Filipp, d'un ton plus doux. J'ai pas envie d'être seul...


Je restai donc dans sa chambre, le voyant les mains dans le dos, un regard perdu dans son visage. Je savais que son début de règne était difficile, il y avait déjà quelques rumeurs à son sujet, mais son père avait eu le même début de règne. Il devait apprendre à se débrouiller seul, avant d'ajouter une personne à son équation.


- Vas-y, dis-le, dit-il. Je suis le pire roi qu'ait connu le Royaume de Rubis. Si ça continue, c'est ma tête qu'on va réclamer...


Il avait la personnalité de sa mère, du genre à sauter trop vite aux conclusions. Mais il y avait toujours des solutions, peut importe le problème. Son père, le roi Edward avait eut le même genre de début de règne, lors que lady Esméra était arrivée à Rubis. Ma mère était devenue sa dame de compagnie et mon père, son garde. Ils avaient aidé le couple royal à s'habituer.


- Non, mon roi, dis-je. Mais vous avez la mauvaise habitude de sauter à des conclusions sous la panique.


Je m'approchai de lui et l'attirai contre moi, en une étreinte amicale. Je pris doucement ses poignets et vis fronçai les sourcils devant sa main enflée, avant de lui ouvrir un peu de force. Je vis les cicatrices dans ses paumes et levai un regard un peu déçu. Je me tournai et tirai sur la clochette, près du lit nuptial. Une servante entra dans la chambre.


- De la glace, de l'eau, du vin et des langes, dis-je.


La servante s'inclina, les joues rosées, avant de sortir en courant. Elle revint presque instantanément avec tout ce que j'avais demandé et se posta près de la porte. Je lui fis signe de partir et elle obéit. Je fis asseoir Filipp sur un sofa, lui servit un verre de vin, avant de plonger un lange dans l'eau. Je m'agenouillai et épongeai lentement les cicatrices de mon roi.


- Il faut que tu apprenne à régner seul, Filipp, tu en es capable, cesse de t'en faire des autres, soufflai-je.


Seul avec lui, je me permettais de le tutoyer.


- Nous enverrons des émissaires à Émeraude, pour que la Magicienne te présente tes enfants, soufflai-je.
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Lun 8 Oct - 15:01

Je luttais contre moi-même. Contre ma peur. Je savais bien que personne ici ne permettrait mon exécution, même si le peuple entier de Rubis réclamait ma tête. Mais je savais aussi qu'un accident était si facilement arrivé... Car oui, j'avais peur de la mort. J'étais né prince héritier. Je n'avais jamais demandé à régner. Si ce n'était que de moi, j'aurais très bien servi sous les ordres de Nathan d'Osantalt. Malheureusement, la vie m'avait dépourvu de mes pouvoirs magiques. 




« Non mon roi, me répondit doucement Félix, ce qui me fit sursauter. Mais vous avez la mauvaise habitude de sauter à des conclusions sous la panique. »




Je me mordis la lèvre inférieure. Soit il disait vrai, soit il tentait seulement de me réconforter. Pourtant, ce n'était pas son rôle. J'avais des serviteurs dont c'était l'unique fonction. Me mentir afin de me faire croire que tout va bien. Je continuais de fixer mon ami d'enfance, piteux. Il franchit alors la distance qui nous séparait, pour venir me serrer dans ses bras. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine, alors que son corps était à proximité du mien. J'avalai de travers, ne comprenant pas les émotions qui m'assaillaient. J'avais toujours cru que j'étais amoureux d'Emerick d'Argent. Maintenant, tout ce que j'avais ressenti dans mes débuts avec l'Argentais se répétaient avec Fel. Je ne comprenais pas. Mais je ne voulais plus qu'il me lâche. 




C'est alors qu'il força mes poignets afin que s'ouvrent mes mains, et je ne pus lutter. Je vis son regard découragé. Ce n'était pas la première fois que je m'infligeais ce genre de blessures. Je faisais toujours cela lorsque le stress me rongeait. Honteux, je baissai la tête, alors que Félix faisait sonner la petite cloche près du lit. Bien rapidement, je fus assis dans un sofa, coupe de vin à la main, alors que le soldat était à genoux devant moi, à panser mes plaies. Encore une fois, j'avais des serviteurs dont c'était l'unique fonction. Pourquoi faisait-il cela ? 




« Il faut que tu apprennes à régner seul, Filipp, me dit alors Félix. Tu en es capable, cesse de t'en faire des autres. »




Sa voix n'était qu'un souffle. Et ça le rendait affreusement désirable. Je devais contrôler mes pulsions. Sans doute est-ce que je cherchais seulement à me consoler. 




« Nous enverrons des émissaires à Émeraude, pour que la magicienne te présente tes enfants, ajouta-t-il. »




Je déposai vivement ma coupe de vin, me saisissant de la main de Fel, arrêtant ce qu'il me faisait. Je hochais négativement la tête. 




« Ils sont mieux sans moi et tu le sais très bien, murmurais-je alors. Malgré les menaces de Flora, je peux très bien reprendre ses enfants à leur naissance. Je suis roi. J'ai beaucoup plus d'autorité qu'elle. Ces petits seront princes. Mieux vaut qu'ils ne sachent pas que leur père est un roi incompétent et de surcroît, un homosexuel refoulé. »




J'avais débité cela tellement vite, que je ne m'étais même pas rendu compte de la portée de mes paroles. Merde. D'un bond, j'ouvris la porte de la chambre, m'assurant qu'il n'y avait personne près de la porte qui aurait pu entendre mes paroles. Je poussai un soupir de soulagement lorsque je vis que le corridor était complètement vide, d'un bout à l'autre. 




« Je sais pas pourquoi je t'ai dit ça, dis-je prudemment en refermant la porte. Mais tu dois ne dire ça à personne. »




Dans un pays comme Rubis, où la chasse était omniprésente, donc les hommes très importants, l'homosexualité n'était pas encore acceptée. C'était moins pire qu'à Opale, mais tout de même. Je ne voulais pas empirer ma réputation. 




Je me tournai vers Fel, qui me fixait, l'air moqueur. Je ne pus m'empêcher de rouler les yeux. Avais-je laissé tellement d'indices de ma relation avec Em que tout le château était au courant ? Je poussai un puissant soupir, passant une main nerveuse dans mes cheveux bouclés. Je me laissai tomber de nouveau dans le sofa, devant Félix. 




« La ferme, dis-je, faussement grognon envoyant que mon ami continuait de me fixer avec le même air taquin. »




C'est alors que je crus voir une aura blanche autour de lui. Je clignai des yeux plusieurs fois, mais elle avait disparue. Malgré tout, le phénomène m'envoûta totalement, et je fis quelque chose que je n'aurais jamais dû faire. Je relevai le visage de Félix, qui était toujours agenouillé devant moi, et je me penchai afin de lui voler un long et langoureux baiser. Sentant qu'il n'était pas du tout réceptif, je stoppai net. 




« Je suis désolé, soufflais-je. Je sais pas pourquoi j'ai fait ça. »




Je cachai mon visage entre mes mains, afin de cacher ma honte. Ne sachant pas que faire, je chassai Félix de mes appartements, et j'éclatai en sanglots amers. 




**********




Cela faisait maintenant six mois que Flora m'avait quitté. L'épisode du baiser semblait avoir été ignoré par Félix, qui faisait comme si rien n'était jamais arrivé. Il passait beaucoup plus de temps avec moi, et m'aidait à prendre certaines décisions pour le royaume, tard le soir. Il m'obligeait à manger, s'assurant que les cuisiniers ne faisaient que mes plats préférés. Lorsque je me réveillais au beau milieu de la nuit en hurlant en revivant la mort de mon père, il se précipitait à mon chevet, et me faisait boire une tisane qui avait des propriétés endormantes, après m'avoir rassuré. Au départ, j'avais ressenti une forte attirance pour le physique de mon ami. Ses muscles découpés, ses cheveux courts châtains et ses yeux grisâtres, tout chez lui me faisait fondre. Jamais je ne l'avais regardé comme ça auparavant. Par respect pour lui, je n'avais rien tenté depuis que je l'avais embrassé. Je savais très bien qu'il me repousserait. Il était aux femmes. Cependant, depuis quelques semaines, je ne voyais plus seulement son enveloppe charnelle. Je pouvais le sentir au plus profond de mon être. Je tombais éperdument amoureux de Félix de Rubis. 




Cette nuit-là, j'avais été réveillé par les cris de mes sujets. L'ennemi était à nos portes. Je ne comprenais pas comment cela pouvait être arrivé. Rubis était très loin des rives. Je m'étais donc levé rapidement, afin de me vêtir de mon armure. J'avais poussé un juron, lorsque je m'étais rendu compte que la porte de mes appartements avaient été barrées de l'extérieur. « Félix... pensais-je. » Je m'étais donc débarrassé de mon armure, sortant par la fenêtre de ma chambre, en pantalon et tunique. J'avais fait cela souvent lorsque j'étais jeune, j'étais habitué, et les hauteurs ne m'effrayaient pas. Une fois en bas, je m'étais précipité à l'armurerie, et j'avais pris une armure de soldat. J'en avais rien à foutre qu'on puisse m'identifier comme étant le roi ou non. J'allais défendre mon pays. J'avais réussi à récupérer la confiance de mon peuple, je n'allais pas les laisser tomber maintenant. 




En moins d'une minute je fus vêtu et armé, et je sautai sur le premier cheval que je trouvai. Bien rapidement, je me dirigeai sur le front, à la frontière des royaumes d'Émeraude et Diamant. Je sautai au sol, me mêlant à mes soldats, et aux Chevaliers d'Émeraude. En observant rapidement, je vis que les autres fourchaient les bras des insectes au niveau du pli du coude. Rapidement, je fis de même. Je ne pouvais m'empêcher de regarder partout pour trouver Félix. Au milieu de cette marre de cuirasses, c'était pratiquement impossible...




Alors que j'allais enfoncer mon épée dans le deuxième coude de mon adversaire, quelque chose me percuta violemment sur mon flanc, me projetant plus loin au sol. Le souffle coupé, j'étais totalement incapable de me relever. Une femme s'approcha alors de moi. Elle portait la cuirasse des Chevaliers d'Émeraude. Je lui tendis la main afin qu'elle m'aide à me relever, mais je vis son épée fendre vers moi à la vitesse de l'éclair. Je n'eus pas le temps de réagir. Heureusement pour moi, une autre lame entra en collision avec la sienne, avant d'entrer dans la poitrine de la Chevalière. Pourquoi s'était-elle attaqué à moi? Elle s'évapora dans un nuage de fumée, tandis qu'un bras puissant me relevait brusquement. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine alors que je tombais nez à nez avec Félix. L'étonnement dans ses yeux passa rapidement à la colère. 
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mer 10 Oct - 21:58

Fil et moi avions grandis ensembles, je le connaissais mieux que lui-même. En fait tout son entourage, le connaissait mieux qu'il se connaissait. Il aimait sa famille plus que tout et depuis le décès de son père, sa famille s'était un peu brisée. J'étais tout de même resté à son côté, même si nous n'étions plus aussi proches qu'avant.


Je continuais d'éponger les mains de mon ami d'enfance, alors que lui buvait son vin tranquillement. Filipp finit par déposer sa coupe et agripper mes mains, m'interrompant dans mon mouvement. Il secoua tristement la tête. Ne voulait-il pas voir ses enfants? Il était leur père et Roi d'un Royaume, il avait plus que le droit de les voir.


- Ils sont mieux sans moi et tu le sais très bien, chuchota-t-il. Malgré les menaces de Flora, je peux très bien reprendre ses enfants à leur naissance. Je suis Roi. J'ai beaucoup plus d'autorité qu'elle. Ces petits seront princes. Mieux vaut qu'ils ne sachent pas que leur père est un roi incompétent et de surcroît un homosexuel refoulé.


Il avait parlé si vite, comme si il ne s'était pas rendu compte du poids de ses paroles. Puis mon roi sauta sur ses pieds vers la porte, qu'il ouvrit pour regarder si quelqu'un dans le corridor avait entendu ses paroles. De mon côté, je ne savais quoi dire. Être gay, à Rubis, n'était pas quelque chose de bien joyeux.


- Je sais pas pourquoi j'ai dit ça, dit-il, tout bas. Mais tu ne dois dire ça à personne.


Je savais que les homosexuels à Rubis n'avaient pas la vie facile, la plupart d'entre-eux étaient ostracisés. Mais le connaissant, j'étais au courant de sa relation avec le Prince, maintenant Roi, d'Argent. Même si il croyait avoir été discret, c'était tout le contraire. Il capta mon regard moqueur. Filipp roula les yeux, avant de se lancer dans le sofa, en face de moi. Je ne le lâchais pas mon ami de mon regard moqueur.


- La ferme, grogna Fil.


Je continuais de le regarder, avec un petit sourire en coin. Puis Fil se mit à cligner des yeux devant moi. Comme si il avait vu quelque chose de complétement étrange. Puis, Filipp fit quelque chose que je ne penserais jamais qu'il ferait. Il se pencha vers moi et posa ses lèvres contre les miennes, en un doux et puissant baiser. Mais, malgré le saut de mon coeur et un désir étrange s'enflammant en moi, j'eus un mouvement de recul. Sentant mon hésitation, mon roi stoppa tout.


- Je suis désolé, murmura Filipp. Je sais pas pourquoi j'ai fait ça.


Sur ces mots, il cacha son visage dans ses mains et me chassa de ses appartements. Je fermai la porte, alors qu'il éclatait en sanglots et que je m'en allais vers ma chambre dans la caserne, me questionnant sur mes sentiments.


***


Six mois avaient passé, depuis l'incident avec Flora et ... le baiser. Malgré cela, je continuais de passer du temps avec Filipp, l'aidant à prendre certaines décisions et l'obliger à s'alimenter. Je faisais comme si le baiser n'était jamais arrivé. Je continuais aussi à m'occuper de la Princesse Katya, mais lorsque Filipp se réveillait en panique, le soir, je me précipitais à son chevet et le rassurais du mieux que je pouvais. Puis je finissais par lui faire boire une tisane calmante. Je gardais tout de même une certaine distance.


Ce soir, l'alarme me réveilla en sursaut, je me précipitai dans l'armurerie, revêtant une énorme cuirasse de métal sertie de rubis, ma ceinture d'armes. Je finis par agripper une lance et grimpai en scelle, avant de me poster aux côtés du prince Emmett. Ce dernier donna l'ordre de nous rendre aux frontières de Diamant et Émeraude, avant de donner la charge, avec un fort cri de guerre. Ce dernier fut répété par les troupes alors que nous foncions vers les troupes ennemies. Je lançai ma lance dans la tête d'un des généraux, mais le corps de ce dernier continuait à avancer. Je sautai de ma scelle et tirai ma grande épée fonçant vers l'ennemi, suivis du reste des troupes de Rubis et celle d'Émeraude. Je coupai le coude du général, et l'autre bras aussi. Autour de moi, la bataille faisait rage, je me frayais un chemin, en coupant des bras.


J'étais un véritable ouragan sur le champ de bataille. Coupant les coudes de mes ennemis, je vis une femme lever une épée en l'air, elle portait la cuirasse des Chevaliers d'Émeraude. Je me lançai vers elle et comme, la pointe de son épée allait percer la cuirasse d'un soldat, ma lame l'en empêcha. Je levai un regard sur la femme, qui arborait un sourire malicieux. Je plantai ma lame dans sa poitrine, mais elle s'évapora au même moment. Je baissai le regard et reconnus la personne que j'avais sauvé Fil. J'agrippai sa cuirasse et le relevai brusquement. Je fronçai les sourcils, alors que je me relevai et entraînais Filipp vers les arbres, contre l'un d'eux, je l'y plaquai.


- MAIS VEUX-TU ME DIRE CE QUE TU FOUS SUR UN CHAMP DE BATAILLE? hurlai-je. TU AURAIS PU CREVER, RUBIS A BESOINS DE SON ROI. Et j'ai... je.. j'ai besoins de toi.


Sur ces mots, je plaquai mes lèvres contre celles de Filipp. Depuis ce premier baiser, mes lèvres s'ennuyaient des siennes, mon corps appelait celui de mon roi. Mon coeur avait besoins du sien. Je compris que j'étais amoureux de lui, mon roi, mon ami d'enfant. Mes mains maintenaient son visage proche du mien, alors que mes baisers devenaient de plus en plus fiévreux.


- Ne retourne pas dans la mêlée, dis-je. Je... Je ne veux pas avoir à te surveiller...


J'embrassai Filipp de nouveau, avant de me défaire de son étreinte. Je lui tournai le dos, afin de retourner défendre ma contrée, mais une main agrippa mon poignet et je fus attiré de nouveau dans les bras de mon amant. Je mordis ma lèvre inférieure.


- Reste ici, je reviens te chercher, murmurai-je.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mar 23 Oct - 16:45

J'étais heureux de voir que Felix était sain et sauf. Cependant, sa main se saisissant de mon plastron pour me relever de manière très brutale et ensuite m'entraîner loin des combats aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Mais j'étais idiot. Il voulait probablement protéger son roi, ce que tout soldat ferait sur un champ de bataille. Docile, je le suivis, ne me formalisant pas de sa brutalité. Je fus par contre surpris de me retrouvé plaqué contre le tronc d'un arbre, Fel me dévisageant comme il ne l'avait jamais fait. En fait, les émotions se succédaient une à une sur son visage, passant de l'inquiétude à la colère et même à l'incompréhension. 




« MAIS VEUX-TU ME DIRE CE QUE TU FOUS SUR UN CHAMP DE BATAILLE ? hurla Felix, visiblement hors de lui. TU AURAIS PU CREVER ! RUBIS A BESOIN DE SON ROI. Et j'ai... je... son ton s'était adouci. J'ai besoin de toi. »




À ma plus grande surprise, mon soldat s'empara de mes lèvres avec vigueur et passion. Mon coeur se débattait comme un fou dans ma poitrine. Si notre premier baiser n'avait été qu'une tentative de réconfort pour moi-même, celui-ci était empreint d'amour. Je n'étais pas magique, mais je ressentais les émotions de Felix dans chaque fibre de son corps. Il se trahissait lui-même. Je répondis fiévreusement aux baisers, sentant le désir monter en flèche en moi. J'avais envie de lui, tout autant que j'avais besoin de lui. Je n'allais sûrement pas me plaindre de sa rudesse, car je savais qu'elle cachait un coeur en or. 




« Ne retourne pas dans la mêlée, m'ordonna Fel, mettant fin aux baisers. Je... Je ne veux pas avoir à te surveiller... »


Je n'avais pas besoin qu'on me surveille ! Comme tous les princes de Rubis, j'avais appris les arts du combat. Je n'étais peut-être pas aussi habile que mes soldats avec les armes, mais j'étais tout de même très bon. Et puis, j'étais un as à la chasse. Un sanglier, un insecte, à mes yeux il n'y avait aucune différence. 




Les lèvres de Felix caressèrent à nouveaux les miennes, alors qu'il me faisait dos, pour retourner dans les combats. Mais je ne pouvais pas le laisser partir. C'était impossible. Il ne m'avait peut-être pas dit qu'il m'aimait, mais son corps le transpirait. Et je ne pouvais pas perdre un autre amour. Je n'y survivrais pas. Je me saisis donc durement de son poignet, afin de le ramener vers moi. 




« Reste ici, je reviens te chercher, souffla Felix. »




Je secouai négativement la tête. Oh que non. Si je restais ici, il restait avec moi. Sinon, j'irai avec lui sur le front. J'étais capable de combattre, et il le savait très bien. Il était le meilleur combattant des soldats de Rubis, et je lui donnais parfois du fil à retordre dans les combats singuliers. 




« Je viens avec toi, lui dis-je alors. J'ai pas besoin d'être surveillé... »




Ma main se posa avec tendresse contre sa joue, alors que j'allais chercher un autre baiser contre ses lèvres. J'avais l'impression que si je le laissais partir seul dans la mêlée, ce qui s'était produit ici ne se produirait plus jamais. Malgré tout ce qu'il pouvait ressentir, Felix était un Rubéen. Je ne voulais pas qu'il refoule ces sentiments par fierté. Je plongeai mon regard au creux du sien. Je le voyais bien qu'il hésitait. 




« Fais-moi confiance, soufflais-je. »




Je m'emparai de ses lèvres avec tendresse, puis avec de plus en plus de passion. Si nous n'étions pas sur un champ de bataille, je lui ferais l'amour comme s'il n'y avait pas de lendemain. Le son des mandibules de nos ennemis me fit arrêter mes baisers. Un petit détachement s'était rendu jusqu'à nous. Notre instinct de soldat prenant le dessus, Fel et moi prirent notre épée, attendant nos ennemis dos à dos. Aussitôt qu'ils furent à portée de lames, je me jetai sur le premier. Habile et rapide, je parvenais facilement à les étourdir, puis à faucher leurs bras. Cependant, plus nous en fauchions, et plus il en arrivait. Bien rapidement, nous fûmes encerclés. Felix me ramena alors vers lui. Amants ou pas, il devait protéger son roi au péril de sa propre vie. Malgré tous les ordres que je pouvais lui donner à ce sujet, il était obligé de faire ça. Je maudis intérieurement mon titre. Lentement, les insectes refermaient leur cercle sur nous. Fel me fit reculer derrière lui, même si ça ne donnait pas grand chose. Je collai mon torse contre son dos, ramenant mes lèvres près de son oreille. 




« Je t'aime Felix, lui soufflais-je. Et même ces foutus insectes ne pourront changer ça. »




Je rassemblai mon courage, sachant très bien ce qui nous attendait. La seule chose que je voulais, c'était que mon soldat adoré ne souffre pas. 




« DÉFENDEZ VOTRE ROI! poussa alors une voix que je reconnus aussitôt. »




Emmett. Soit il m'avait pisté, soit il m'avait localisé avec ses pouvoirs magiques. Bien rapidement, l'armée de Rubis envahit la clairière, tuant tous les insectes. Je me mis de la partie, ainsi que Felix. Les dépassant en nombre, bien rapidement il ne resta que les cadavres de nos ennemis au sol. Il régnait un silence de mort. Mon frère trouva bien vite son chemin jusqu'à moi. Le plat de sa botte me projeta au sol, parmi les Tanieths. 




« T'ES STUPIDE OU QUOI? hurla mon frère. UN ROI, ÇA RESTE SUR SON TRÔNE ! »




Je haussai un sourcil. Je ne me souvenais pas avoir vu mon père rester assis sur son trône lorsque son royaume courait un danger. Il s'était toujours battu. Je me relevai prudemment, surveillant les gestes d'Emmett. Il était toujours en colère contre moi. Malgré tout, il m'avait sauvé la vie. 




« Et un prince, ça respecte son roi, répliquais-je d'un ton neutre. »




Mon petit frère poussa un juron, avant de tourner les talons et quitter la clairière. L'aube se levait lentement. L'un de mes soldats m'informa qu'il s'agissait des derniers insectes. Les soldats d'Émeraude avaient commencé à incendier les premiers cadavres. 




« Faites de même avec ceux-ci, puis allez rassurer les paysans, leur ordonnais-je alors. Vous ne rentrez que lorsqu'il n'y a plus un seul cadavre. Je ne veux pas d'épidémie à Rubis. Felix, tu viens avec moi. 

- Vous avez entendu votre roi? aboya Gendric le commandant de mon armée. Débarrassez ces cadavres. »




Il fut facile de retrouver le cheval que j'avais pris. C'était le seul qui n'avait pas de selle. Felix me suivit silencieusement, sur sa propre monture. Je réalisais que je venais de donner un ordre sans que personne ne murmure derrière moi. Je me sentais beaucoup plus léger. Malgré tout, j'avais peur. Peur que ce qui se soit passé avec Felix n'était dû qu'à l'émotion du moment. J'avais peur que sa fierté prenne le dessus et qu'il me laisse en plan. 




Après une heure de cheval sans parler, parce que nous étions éreintés, nous arrivâmes au château. Je laissai ma monture au palefrenier, qui me regarda, avec ses grands yeux ronds. J'étais probablement couvert de sang d'insecte. Je me rendis à mes appartements, suivi de Fel. D'un geste de la main, je chassai mes serviteurs, qui avaient déjà commencé à me faire la morale. Lentement, je commençai à défaire les sangles de ma cuirasse. Je la déposai contre une petite table, puis je me tournai vers Felix. 




« Déshabille-toi, lui ordonnais-je alors. Et suis-moi. »




Je me rendis à ma salle de bains privée, dans laquelle une source d'eau chaude naturelle pénétrait. J'y entrai prestement, mais je n'osais pas me retourner. J'avais peur que Fel ne m'ait pas suivi. J'avais littéralement peur qu'il fuit ses sentiments. Pensant que nous allions mourir, je lui avais littéralement avoué ce que je ressentais, et maintenant je tremblais de l'avoir fait. Je me retournai vivement, et je sentis un poids sur ma poitrine lorsque je vis que Felix était toujours habillé et qu'il semblait faire le guet à l'entrée. 


« Je t'ai donné un ordre, grommelais-je alors. Je vais pas te violer quand même. »


Comprenant que ma peur se concrétisait, je pris place sur un banc de pierre creusé dans l'immense bain, ramenant mes genoux contre me poitrine. Je retins un gémissement de douleur. Mon frère m'avait frappé quand même fort... J'enfouis mon visage entre mes bras, contre mes genoux. 
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mar 23 Oct - 22:09

Je ne savais toujours pas ce qui m'avait pris. Mon esprit continuais de tourner si vite dans ma tête. Je comprenais pas pourquoi j'avais embrassé Fil, tout ce que je savais, c'était que je voulais le refaire. Je n'avais ressentis de sentiments homosexuels pour qui que ce soit. Pourquoi cela m'arrivait maintenant? À mon âge, je devais être marié et être prêt à être père. Mais je ne l'étais pas et je repoussais chaque demande en mariage.


Filipp secoua la tête, il ne bougerait pas. Je le connaissais trop bien. Je savais aussi qu'il combattait bien, mais je ne serais plus capable de vivre. Même si je croyais en ces capacités, je ne voulais pas qu'il aille sur le champ de bataille. Il n'irait pas.


- Je viens avec toi, dit-il. J'ai pas besoins d'être surveillé.


Oui, il était Roi. Un Roi devait être surveillé par sa garde. Sa main se posa avec la plus grande tendresse sur ma joue, soudainement, le monde disparut. Il n'y avait que lui et moi. Je me devais de garder mon calme. Je n'allais certainement pas le prendre dans mes bras et me laisser aller. J'étais fier. Son regard se plongea dans le mien.


- Fais-moi confiance, murmura Filipp.


Mon souverain posa ses lèvres sur les miennes, je me sentis m'abandonner à l'étreinte, mais le son d'un mandibule me sortit de cette jouissance. En même temps, Fil et moi reprirent nos épées, nous étions entourés d'un détachement d'insectes. Nous étions dos à dos, tranchant des bras, repoussant les ennemis le plus possibles. Malgré nos efforts, nous fûmes encerclés, j'attirai Filipp contre moi. Il n'était plus mon amant, il était mon Roi, ma charge. Chaque pas que nos ennemis faisaient vers nous, je commençais à paniquer. Je repoussai mon roi dans mon dos, je le sentis se coller contre moi et je sentis son souffle chaud contre le dos de mon oreille.


- Je t'aime, Félix, murmura Filipp. Et même ces foutus insectes ne pourront changer ça.


Je serrai mes mains autour de la garde de mon épée. Je n'eus pas le temps de bouger, que la voix forte du prince Emmett résonna dans la plaine. L'armée complète de Rubis, dirigée par son capitaine, envahit la clairière. En quelques minutes, Filipp, Emmett, l'armée et moi; nous débarrassâmes des insectes. Rapidement, la clairière revint silencieuse, je me tournai vers Filipp. Emmett le frappait du plat de sa botte, en lui hurlant dessus. Je fis signe au reste de l'armée de laisser les frères régler leur différent.


Les soldats d'Émeraude arrivaient au même moment du reste de la plaine, ils se mirent à brûler les cadavres des insectes. Fil finit par se relever, il pointa les cadavres. Il avait vraiment l'air d'un roi, en ce moment, fier et grand.


- Faîtes de même avec ceux-ci, puis allez rassurer les paysans, ordonna le Roi. Vous ne rentrez que lorsqu'il n'y a plus un seul cadavre. Je ne veux pas d'épidémie à Rubis. Felix, tu viens avec moi.


Gendric répéta l'ordre. Je grimpai en scelle, alors que Fil grimpait sur son cheval. Je le suivis, sans dire un seul mot. Le chemin serait long, mais je ne savais quoi dire. Je ne savais même pas pourquoi je sentais tellement d'amour pour un homme. On m'avait appris que cela n'était pas naturel. Je suivais toujours Filipp, la tête basse.


Après le long chemin, d'une heure, nous arrivâmes au château. Nous descendîmes de scelle et laissai nos montures aux palefreniers. Je suivis mon Roi dans sa demeure, jusqu'à ses appartements. Il envoya ses serviteurs vaquer à d'autres occupations. Fil commença à défaire les sangles de sa cuirasse, avant de la poser sur une table.


- Déshabille-toi, ordonna-t-il. Et suis-moi.


Je poussai un soupir, alors qu'il s'en allait dans sa salle de bain. Il n'ajouta rien, je l'y suivis. Je vis mon ami entrer dans une source chaude. Il me faisait dos, je voyais son derrière. Je me plaçai dans l'entrée, ayant son corps dans mon champ de vision et la porte de ses appartements aussi. Je ne savais pas comment agir, une grande partie de ma personne me poussait vers lui, mais d'un autre côté, j'avais peur que l'on nous découvre.


- Je t'ai donné un ordre, dit-il, en se retournant. Je vais pas te violer quand même.


Je relevai un sourcil. Je le vis prendre place sur un banc de pierre sculpté dans la piscine. Il ramena ses genoux contre sa poitrine et cacha son visage entre ses rotules. Mon coeur se serra, je me sentis déboucler ma cuirasse, pour la poser au sol. Je retirai ma tunique, gardant mon pantalon, je me dirigeai vers la piscine. Je finis par me glisser dans l'eau chaude et nageai vers lui.


- Fil... Regarde-moi, soufflai-je.


Son visage se releva vers moi. Je posai mes mains sur ses hanches et l'attirai vers moi, croisant ses jambes autour de ma taille. J'allais chercher ses lèvres, en un baiser timide. Au début, puis mon baiser devint de plus en plus brûlant, alors que je pressais son corps contre le mien. Je cachai mon visage dans le creux de son cou, que je parsemai de baisers amoureux.


- Ne retourne plus jamais sur un champ de bataille, murmurai-je. Je ne veux pas te perdre... Je... T'...


Je me rendis compte que des larmes coulaient sur mes joues. Mon visage fut relever vers celui de Filipp. Il avait relevé mon visage vers le sien. Mon nez caressait le sien. Mon regard se noya dans le sien et je posai une main sur sa joue. Je l'embrassai, une fois de plus, avec amour.


- Je t'aime...
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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Mer 31 Oct - 11:36

Je comprenais pourquoi les gens ne voulaient pas de moi. J'étais tellement émotif, que je m'attachais à tout le monde. En fait, je tombais amoureux de tout le monde. C'était ce que je croyais. C'était ce que je croyais, jusqu'à ce que je tombe sur Fel. Je le connaissais depuis notre tendre enfance, et je n'échangeais que très rarement avec lui. Il avait fallu qu'il prenne soin de moi et qu'il m'aide pour que je comprenne qu'il était plus qu'un simple soldat de ma garde. Il était celui que j'aimais. Celui que je voulais qui grimpe sur le trône avec moi. Malheureusement, ce n'était pas aussi simple à Rubis. Deux hommes sur le trône ne serait jamais accepté. J'allais tout de même tout faire ce qui était en mon pouvoir pour épouser cet homme. Du moins, c'était ce que j'avais cru sur le champ de bataille. L'espace de quelques instants, Felix m'avait donné l'impression qu'il m'aimait. C'était la première fois de ma vie que je sentais que mes sentiments étaient réciproques. Évidemment, c'était juste une impression. 




Les genoux ramenés contre ma poitrine, luttant contre mes larmes. J'aimais Felix comme je n'avais jamais aimé personne. Mon amour pour Emerick n'avait été absolument rien comparativement à celui que j'éprouvais maintenant pour mon soldat. Je sentis du mouvement dans l'eau, mais je n'avais pas envie de regarder Fel. Il était probablement dans le bain parce que je lui en avais donné l'ordre, et rien d'autre. 




« Fil... Regarde-moi... souffla l'homme de ma vie. »




J'eus envie de rechigner et de le bouder, mais je me contentai de relever un regard triste sur lui. Aussitôt que nos iris se croisèrent, Felix se saisit de ma taille afin de me presser contre son corps. Instantanément, mes jambes s'enroulèrent autour de ses hanches. Je fus saisi d'un tourbillon d'émotions alors que ses lèvres caressaient les miennes d'abord en un simple baiser, puis en baisers langoureux. Je dus retenir un gémissement, pour ne pas le mettre mal à l'aise. J'étais soulagé. Si seulement j'avais des pouvoirs comme mes frères et soeurs afin de voir ce qui se passe dans sa tête... Je pourrais calmer toutes ses inquiétudes et l'aider à mieux s'affirmer. Pour le moment, j'allais y aller à son rythme. 




Après de longues minutes d'embrassades passionnées, mon soldat cacha son visage au creux de mon cou, pour l'embrasser avec une tendresse infinie. Les yeux mi-clos, je luttais contre moi-même pour ne pas lui faire l'amour dans mon bain. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas connu les bras d'un homme, que je me devais de faire attention à Felix, pour ne pas le brusquer. 




« Ne retourne plus jamais sur un champ de bataille, chuchota mon nouvel amant d'un ton à peine audible. Je ne veux pas te perdre... Je... T'... »




Je fronçai les sourcils, le sentant fébrile et nerveux. Avec tendresse et douceur, je relevai le visage de Felix vers le mien. Je fus surpris de voir les larmes qui affluaient sur ses joues. Je savais quel genre de combat il menait contre lui-même en ce moment, et je savais que ce n'était pas facile. Malgré tout, son nez vint chatouiller le mien et sa main se posa avec délicatesse contre ma joue. Mon coeur se débattait follement dans ma poitrine, tandis que je voyais son visage s'approcher du mien. Son souffle chaud contre ma peau, ses lèvres contre les miennes... Je ne pouvais demander mieux. 




« Je t'aime... laissa-t-il finalement tomber. »




Je me sentis imploser d'amour tellement j'étais heureux. Ces mots... Ces simples trois petits mots que j'avais rêvé d'entendre toute ma vie venaient de sortir de la bouche de l'être que j'aimais le plus au monde. Je souris à Felix, glissant mes mains contre son torse musclé pour finalement les nouer derrière son cou. Mes lèvres s'emparèrent des siennes en un baiser passionné. Mon corps frétillait sous l'excitation. 




« Je t'aime encore plus, minaudais-je entre deux baisers. »




J'avais peur d'aller trop vite pour lui, mais d'un autre sens, j'avais tellement envie de sentir sa peau contre la mienne. Je voulais qu'il m'aime comme il n'avait jamais aimé. Je voulais qu'il me fasse l'amour, là, maintenant, comme s'il n'y avait aucun lendemain. Sentant mon membre se tendre contre son bas-ventre, j'arrêtai tout. 




« Je veux pas te presser, soufflais-je en me perdant dans son regard. »
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Felix

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Dim 11 Nov - 20:40

J'avais peut-être parlé trop vite. Fil était plus qu'important pour moi, il était mon Roi, mais il était plus que cela pour moi. Je l'aimais, mais je ne voulais pas aller trop vite, je ne me sentais pas vraiment amoureux, je savais juste que si Filipp quittait ce monde; je le suivrais. Tout ce que je savais, c'était que j'avais besoins de lui dans ma vie.


Mon tendre Roi sourit, un simple sourire changeait complétement son visage. Cela le rendait encore plus beau à regarder et plus approchable. Ses mains glissèrent sur ma peau, m'arrachant des frissons de plaisir. Je voulais plus, mais étais-je prêt à cela? Ses mains finirent leur voyage sur ma nuque, nouées ensembles, alors que son visage avançait vers le mien. Ses lèvres prirent les miennes avec chaleur. Alors que je sentais mon coeur se débattre dans ma poitrine.


- Je t'aime encore plus, ronronna Fil.


Ces paroles vint donner un raté à mon petit coeur. Sa peau effleurait la mienne, me rendant presque fou de passion. Je voulais le prendre, ici et maintenant. Je sentis quelque chose effleurer mon bas ventre et je baissai les yeux sur son membre tendu. Je me sentis presque saliver, c'était mal. Je ne devais pas agir comme cela. Mais par Theandras, que j'avais envie de lui.


- Je veux pas te presser, murmura-t-il.


Je secouai la tête, avant de l'embrasser sauvagement avant de mordre sa lèvre inférieure. Une lueur maligne passa dans mon regard, alors que je plongeais sous l'eau. Ma main s'enroula autour de son sexe, l'autre allant caresser ses bourses. J'embrassai doucement son gland, avant de revenir à la surface.


- Presse-moi, râlai-je.


Je pris sa main et la posai contre mon pantalon tendu. L'envie de le prendre avait éveillé quelque chose en moi. Je n'avais plus un seul doute, je me fichais maintenant de ce qu'on pouvait penser de moi. Je n'avais jamais ressentis autant de passion pour quelqu'un, je n'avais jamais autant désiré quelqu'un.


- Déshabille-moi, lui ordonnai-je.


J'attirai son visage vers le mien, en l'embrassant vigoureusement. Ma main reprit sa prise contre son membre tendu. J'entamai un bon va et vien, afin d'exciter encore plus mon amant. Mes lèvres caressaient toujours les siennes, alors que mon érection devenait de plus en plus douloureuse. J'avais hâte que Fil libère mon membre et qu'il fasse de même. Mon visage descendit dans son cou, afin de lui faire un bon petit suçon.
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Filipp

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Sam 17 Nov - 14:07

C'était décidé. Je n'allais pas le toucher, à moins qu'il me le demande. Je ne voulais pas qu'il se sente forcé de quoi que ce soit. Je connaissais Felix. Et je ne voulais pas qu'il me fasse l'amour parce que moi, son roi, je le voulais. Je voulais qu'il le fasse parce qu'il en avait envie. Parce qu'il me désirait et surtout, parce qu'il était prêt. Ce n'était pas facile découvrir son homosexualité dans le royaume de Rubis. Moi, j'avais eu Emerick. Il ne m'avait pas si patiemment attendu, il m'avait plutôt baisé dans une écurie alors que j'avais ingurgité un peu trop d'alcool. Bon, je lui avais fait des beaux yeux doux toute la soirée, mais je n'avais pas du tout compris tout ce qui s'était passé en moi ce soir là. J'avais longtemps espéré que je n'étais pas gay, que j'étais seulement accro au prince d'Argent. Je ne voulais pas que Felix traverse ce genre de phase. Je voulais qu'il soit sûr de lui lorsque nous ferions l'amour pour la première fois. Si c'était dans six mois, alors dans six mois ce serait. Je ne voulais pas le perdre, et j'étais prêt à absolument tout pour cela. 




Mon regard dans le sien, je vis une lueur sauvage y transparaître. Sans même le vouloir, je l'avais provoqué. Fel secoua négativement la tête, avant de franchir la distance que j'avais créée entre nous pour s'emparer de mes lèvres avec une passion brûlante. Je gémis alors qu'il mordait ma lèvre. Le goût salé de mon sang me provoqua encore plus. Puis, mon amant plongea sous l'eau et à ma grande surprise, sa main s'attarda à mon membre, et même sa bouche. Je serrai les poings, luttant contre moi-même et mon désir. 




« Presse-moi, gémit mon soldat d'une voix rauque lorsqu'il revint à la surface. »




Je ne bougeai pas. Je ne voulais pas le presser, même s'il me demandait de le faire. Je voulais qu'il prenne son temps. Mais son attitude entreprenante me déroutait. En effet, Felix se saisit de ma main pour la poser contre son entre-jambes. Son membre était bien tendu et prisonnier de son pantalon. Ma respiration s'accélérait. J'en voulais plus. Je voulais le sentir en moi, je voulais sa peau contre la mienne, je voulais qu'il m'aime. 




« Déshabille-moi. »




Jamais personne ne m'avait donné d'ordre. Je donnais les ordres ici. Le simple fait qu'il se croit en position de pouvoir le faire allait avoir l'effet escompté. Car j'allais lui arracher ses vêtements, et il allait me faire l'amour. Je n'eus cependant pas le temps de le faire qu'il s'empara de ma bouche avec ferveur et qu'il laissa sa main balader jusqu'à mon membre. Son va-et-vient me faisait gémir. Je me sentis faiblir alors qu'un petit suçon se faisait contre la peau de mon cou. Plongeant mon regard dans le sien, je lui retirai son pantalon, libérant ainsi son membre de sa prison. 




« À vos ordres soldat, râlais-je sensuellement. »




Je me rapprochai de Fel, laissant nos torses se frôler et nos membres entrer en contact. Je lui arrachai un long et langoureux baiser, laissant glisser l'une de mes mains le long de son corps pour atterrir contre son sexe. Je m'en emparai brusquement, entamant un rapide va-et-vient avec une bonne pression. Avait-il déjà fait l'amour avec un homme? 




Je sautai dans les bras de mon amant, encerclant sa taille de mes jambes. Je pouvais sentir son membre titiller mon intimité. Mes lèvres s'attardèrent un moment à son cou, puis je relevai mon visage vers le sien. Il était tellement beau, tellement parfait. L'espace d'un instant, mon doigt traça les traits parfait de l'homme que j'aimais. 




« Ramène-moi dans mon lit, lui soufflais-je avec tendresse. Je veux pas que notre première fois soit dans un bain. Ne... Je veux pas que tu te sentes obligé. »




Ma voix, habituellement dure et autoritaire, était maintenant toute douce et à peine audible. Ma main glissa dans la chevelure de Felix tandis que mes lèvres franchissaient la distance qui me séparait des siennes. 




« Je t'aime Felix de Rubis, murmurais-je. T'as pas idée à quel point je t'aime... »




Mes bras se refermèrent solidement autour de son torse musclé et je nichai mon visage au creux de son cou, que je mordillai doucement. 




« Aime-moi aussi... »
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Felix

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MessageSujet: Re: Souper royal (reprise)   Sam 1 Déc - 16:57

Je n'avais jamais agis avec autant de hâte, pas avec une femme et encore moins avec un homme. Honnêtement, je me faisais un peu peur. Je n'étais pas quelqu'un d'agressif, je n'étais pas quelqu'un qui se laissait emporter par ses émotions. Avec Filipp, je devenais quelqu'un d'autre, je ne savais toujours pas si c'était quelque chose de bien ou pas.


Mon amant poussa un tout petit gémissement, sous mes caresses. Mon membre me faisait terriblement mal, enfermé dans mes pantalons. Le regard de Fil se plongea dans le mien, alors qu'il me retirait mon dernier vêtement. Mon sexe se tendit près de sa main. La simple sensation de sa peau contre la mienne pouvait suffire à me faire perdre la tête, je le sentais.


- À vos ordres, soldat, murmura en un râle, mon Roi.


Fil s'approcha de moi, nos torses se touchaient, je sentais presque son coeur battre contre ma poitrine. C'est alors qu'il posa ses lèvres contre les miennes et que notre baiser tendre devint extrêmement passionné. L'une des ses mains se mit à glisser mon corps, avant de finir contre mon membre, qu'il empoigna. En pressant parfaitement sa main contre mon sexe, mon amant entama un rapide va et vien contre moi. Un immense frisson interne me prit, c'était une sensation totalement nouvelle.


Après quelques minutes de pur bonheur, Filipp sauta dans mes bras, ses jambes autour de ma taille. Je sentais mon gland effleurer l'entrée de son membre. Ses lèvres caressaient la peau très sensible de mon cou, avant de se retirer et son visage prit sa place face au mien. Je me sentais si bien avec lui, je ne comprenais pas parce que c'était tout sauf naturel.


- Ramène-moi dans mon lit, murmura mon tendre amant. Je veux pas que notre première fois soit dans un bain. Ne... Je veux pas que tu sente obligé.


Son ton avait changé de d'habitude. Il était plus autoritaire. Mais la voix qu'il avait pris était tellement douce. Je ne pourrais rien lui refuser. Sa main alla se glisser dans mes cheveux, alors qu'il m'embrassait de nouveau. Je me sentis chavirer une fois de plus.


- Je t'aime, Félix de Rubis, chuchota-t-il. T'as pas idée à quel point je t'aime...


Fil m'attira contre lui, me pressant contre lui. Son visage alla se cacher dans mon cou, je sursautai, en sentant ses dents titiller ma peau.


- Aime-moi aussi...


Je pris mon amant dans mes bras, enroulant ses jambes autour de ma taille et sortis du bain, sans ajouter un mot. D'un pas hâtif, je traversai sa salle de bain et le ramenai vers son lit baldaquin, avant de le déposer contre le matelas de plumes. Je grimpai par-dessus lui, l'embrassant sauvagement sur les lèvres, avant de descendre dans son cou, puis vers son torse. Je me frayai un chemin de baiser vers son membre et m'arrêtait à la base de ce dernier. Je relevai un regard insécure vers Fil. Je cherchais un consentement dans ses yeux, que je trouvai rapidement.


- Je..


Je n'étais plus capable de lui dire que je l'aimais. Je posai un doux baiser sur son gland, avant de le prendre complétement en bouche. Je commençai un lent va et vien avec ma bouche, en y mettant un peu de succion. Mes mains caressaient ses cuisses, avant que l'une d'elles se noue avec celle de mon amant. Je continuai mon manège pendant un bon moment. Je finis par retirer ma bouche, pour aller l'embrasser, une autre fois.


- Je t'aime, râlais-je.


Je m'assis dans le lit, attirant Fil par-dessus moi. Je me positionnai doucement à l'entrée de son antre. Je nouai ses jambes autour de ma taille et plongeai un regard brûlant dans le sien. D'un petit coup de hanches, je pris Filipp pour la première fois. Je poussai un râle de plaisir, en sentant mon membre entrer et étirer les parois si serrées de l'intimité de mon amour. Mes mains se posèrent sur sa taille, avant de diriger le mouvement de va et vien.
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